Youssouf Traoré jugé pour violences lors d’une manifestation en hommage à son frère

Youssouf Traoré jugé pour violences lors d’une manifestation

Youssouf Traoré, frère d’Adama Traoré, comparaît ce jeudi devant le tribunal de Paris. Il est accusé de violences, rébellion et menaces à l’encontre des forces de l’ordre lors d’une manifestation organisée le 8 juillet 2023 dans la capitale, en hommage à son frère.

Ce dossier oppose deux versions très différentes. Selon l’accusation, Youssouf Traoré aurait commis ces faits lors de cette marche, qui avait rassemblé près de 2 000 personnes et était interdite par la préfecture. Cinq policiers ont porté plainte pour outrages et violences envers des agents de police.

Une enquête de flagrance a été ouverte en juillet 2023, notamment après deux accusations : une frappe portée à une commissaire et une autre à un capitaine de police lors de la manifestation. La manifestation avait été interdite et s’était déroulée dans un contexte de forte tension.

Une interpellation violente qui a fait polémique

Les images de l’interpellation de Youssouf Traoré par la brigade de répression de l’action violente (BRAV-M) ont suscité l’indignation. La vidéo montre une immobilisation musclée, suivie d’un plaquage ventral. Après son arrestation, le bilan médical était lourd : fracture du nez, traumatisme crânien et plusieurs contusions.

URGENT | violente interpellation de Youssouf Traoré (frère d’#AssaTraore). Il aurait été transporté du commissariat du 5e arrondissement sur un brancard.

Youssouf Traoré avait saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des violences volontaires, qui auraient causé moins de huit jours d’incapacité. L’IGPN mène également une enquête sur d’autres plaintes, notamment celle d’une jeune femme poussée au sol par un policier et de deux journalistes dénonçant des faits similaires.

Un contexte judiciaire marqué par des revers

En février dernier, la famille Traoré a annoncé qu’elle saisirait la Cour européenne des droits de l’homme. Elle conteste un nouveau revers judiciaire dans l’affaire d’Adama Traoré, mort en 2016, deux heures après son arrestation à Beaumont-sur-Oise.

Un « non-lieu » a été prononcé en faveur des gendarmes en août 2023, confirmé en appel en mai 2024, puis la Cour de cassation a rejeté le pourvoi en février dernier. La famille espère toujours faire reconnaître la responsabilité des forces de l’ordre dans la décès de leur proche.

Le décès d’Adama Traoré, symbole des tensions

Adama Traoré est décédé le 19 juillet 2016 dans la caserne de Persan, dans le Val-d’Oise. Son décès, survenu deux heures après son arrestation suite à une course-poursuite, est devenu un symbole des violences policières et du racisme. Ses proches, notamment sa sœur Assa, accusent les forces de l’ordre d’avoir causé sa mort, en soulignant qu’il avait fait un malaise dans le véhicule de police et avait été laissé menotté jusqu’à l’arrivée des secours.

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