Les Gendarmeries débordées face à la vague de plaintes pour des affaires sensibles

Une surcharge de plaintes dans les gendarmeries

Alors que la disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers, mobilise l’attention, la question de la gestion des plaintes par les forces de l’ordre revient au premier plan. Le principal suspect, Jérôme B., est déjà connu pour des antécédents judiciaires liés à des viols sur mineures. En 2022, une première plainte avait été classée sans suite. Une seconde, déposée en août 2025, n’a pas encore été traitée. La mère de la victime affirme avoir dû se battre pour obtenir des nouvelles de l’enquête, sans succès jusqu’à présent.

Les difficultés rencontrées par les gendarmes

Un gendarme, interviewé par RMC, explique la complexité de la situation. Nicolas, membre des forces de l’ordre dans le Grand-Est, témoigne de la surcharge de travail. Il raconte qu’en une seule journée, il a dû traiter plusieurs plaintes pour viol, agressions sexuelles et violences intrafamiliales, tout en étant seul à l’accueil.

« Le soir, je mets 1h30 à voir le responsable du parquet et le lendemain, mon chef me dit qu’il faut aussi faire de la police de route, contrôler les bus et rencontrer les maires », raconte-t-il.

Il précise qu’il doit souvent faire des choix difficiles. Par exemple, lorsqu’une femme dépose sa 30e plainte pour viol, après plusieurs classements sans suite, il doit évaluer la priorité. Selon lui, il est impossible de tout traiter avec la même attention, notamment face à la multitude de plaintes pour violences intrafamiliales.

Une surcharge de travail qui complique la priorisation

Le gendarme souligne qu’il n’a pas la possibilité de prioriser efficacement. « Je ne peux pas sélectionner, mais quand une femme revient pour la 30e fois, je suis moins en mesure d’accorder de l’attention », explique-t-il. Il ajoute que la majorité des plaintes concernent des violences familiales, ce qui rend la gestion encore plus difficile.

Ce jour-là, il raconte avoir été seul pour traiter toutes ces démarches, tout en gérant les appels téléphoniques et en constatant ses erreurs dans la rédaction des plaintes. La situation est claire : le volume de dossiers dépasse largement les capacités des équipes.

Des propositions pour améliorer la situation

Le gendarme estime qu’un renforcement des effectifs serait nécessaire pour mieux répondre aux besoins. « Quand je prends une plainte, il faudrait que je sois dans un bureau, seul avec la victime, sans interruption ni interruption extérieure », affirme-t-il.

Ce mercredi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a évoqué l’ouverture de deux enquêtes administratives pour identifier d’éventuelles défaillances dans les services de gendarmerie et de justice. La surcharge de travail et la difficulté à prioriser les dossiers restent des enjeux majeurs pour ces institutions.

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