Rémy Daillet face à 7 ans de prison pour enlèvement et projet d’ultradroite

Procès d’un groupuscule d’ultradroite : sept ans de prison requis contre Rémy Daillet

Le mardi 6 octobre à Paris, le parquet national antiterroriste (Pnat) a requis une peine de sept ans de prison contre Rémy Daillet. Il est notamment accusé d’avoir orchestré l’enlèvement de la petite Mia en 2021 et d’avoir envisagé un coup d’État en lien avec un groupe d’ultradroite.

Les magistrats ont également demandé des peines allant de un an avec sursis à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt pour 14 autres personnes mises en cause. Ces prévenus sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste ou encore soustraction de mineur.

Concernant la mère de Mia, Lola M., la demande de peine s’élève à trois ans de prison, dont 19 mois avec sursis. Elle a quitté la salle avant la fin des réquisitions.

Les proches collaborateurs de Rémy Daillet, notamment Christophe M. et Sylvain P., qui dirigeaient la branche militaire du mouvement, risquent respectivement quatre et cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt. Pour les autres prévenus, des peines aménageables sous bracelet électronique ont également été demandées.

Un réquisitoire de plus de quatre heures

Le représentant du Pnat a présenté un long réquisitoire de plus de quatre heures, visant à démontrer la structuration de ce réseau clandestin d’ultradroite. Selon lui, ce groupe s’est formé à partir du « basculement » de 14 personnes, séduites par les vidéos de Rémy Daillet, qui aurait exercé une « manipulation stupéfiante à distance » durant la crise sanitaire de 2020.

Les accusés ont tous adhéré à une « idéologie violente » et ont préparé des actes destinés à « créer la terreur » et à imposer leur « soumission aux idées du mouvement », ont expliqué Alice Dubernet et Hüseyin Uludag.

Ce dossier, présenté comme celui d’un terrorisme d’extrême droite, met en avant une idéologie antisémite et raciste chez plusieurs prévenus. Cependant, le parquet a souligné que le groupe était « plus hétérogène » et animé par un « délire complotiste ».

Le Pnat a notamment évoqué des listes de personnalités, notamment juives, considérées comme « nuisibles à épurer », la destruction d’antennes 5G, des projets de faire exploser des centres de vaccination ou encore l’enlèvement de Mia en 2021.

Rémy Daillet, expatrié en Malaisie avec sa famille, aurait théorisé le rapt d’enfants placés à l’Aide sociale à l’enfance, sous prétexte de « restitution » aux parents, pour « aguerrir ses troupes » et faire connaître son mouvement.

Plusieurs prévenus croient à l’existence de « réseaux pédocriminels » qui gangrènent l’Aide à l’enfance, tout comme la mère de Mia, qu’ils décrivent comme « antivax » et incapable de mesurer sa propre toxicité pour sa fille, selon l’accusation.

Le procès doit se poursuivre jusqu’à vendredi, avec les plaidoiries de la défense, avant une décision qui sera rendue ultérieurement.

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