Record historique en France : 89 000 détenus, une surpopulation sans précédent

Près de 89 000 détenus en France au 1er juin, un record historique

Selon les statistiques officielles du ministère de la Justice publiées ce mercredi 1er juillet, la population carcérale en France a atteint un nouveau sommet. Au 1er juin, on comptait 88 829 détenus, ce qui représente une hausse de 5,2 % en un an, soit environ 4 400 personnes en plus.

Ce chiffre s’inscrit dans un contexte de surpopulation chronique dans les prisons françaises. Le nombre de places disponibles était de 63 237, soit une augmentation de 1,1 % par rapport à l’année précédente. Cependant, le nombre de matelas posés au sol, faute de lits, a atteint 7 608, en hausse de 32,1 %.

La densité carcérale dans les maisons d’arrêt, où sont détenues principalement des personnes condamnées à de courtes peines ou en attente de jugement, s’établissait à 173,2 %. Cela traduit une situation de surpopulation extrême.

Une sur-occupation alarmante de 140,5 %

Le taux global de sur-occupation des prisons s’élevait à 140,5 % au 1er juin. Les responsables pénitentiaires, surveillants et directeurs, alertent régulièrement sur la gravité de la situation. Dans son dernier rapport, publié fin mai, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté a qualifié la situation de « catastrophe pénitentiaire ».

Selon Flavie Rault, secrétaire générale du syndicat national des directeurs pénitentiaires, cette surpopulation rend difficile l’exercice de leurs missions, notamment la prise en charge des détenus.

La France se distingue par une densité carcérale parmi les plus élevées d’Europe, derrière seulement la Slovénie et Chypre, qui ont cependant des populations carcérales nettement plus faibles. Fin janvier, le Conseil de l’Europe a dénoncé l’état critique des prisons françaises, évoquant un risque de devenir un « entrepôt humain » en raison de l’encombrement, de l’insalubrité et de la violence.

Plus récemment, le Sous-Comité de l’ONU pour la prévention de la torture a également tiré la sonnette d’alarme. Il a dénoncé la « grave » surpopulation carcérale en France, soulignant qu’elle porte atteinte aux droits fondamentaux des détenus et peut constituer un traitement inhumain ou dégradant.

Face à cette crise, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a rejeté toute idée de régulation carcérale, comme celle adoptée en Allemagne, qui prévoit de limiter l’entrée en détention au-delà d’un certain seuil en permettant des sorties. Le gouvernement prévoit l’ouverture de 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027. Toutefois, moins d’un tiers des 15 000 places supplémentaires promises dans un plan lancé en 2018 ont été réalisées à ce jour.

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