Réseaul mondial de prédateurs en ligne : Rohan Rane jugé à Paris

Un réseau international de prédateurs en ligne

Rohan Rane, un homme de 29 ans d’origine indienne, est jugé à Paris depuis ce lundi 5 octobre. Il est accusé d’avoir dirigé un réseau mondial de prédateurs qui piégeaient des jeunes filles sur Internet.

Ce masculiniste actif en ligne aurait forcé de très jeunes filles, souvent mineures, à réaliser des actes sexuels et à se scarifier. Cinq jeunes femmes américaines, âgées de 18 à 21 ans, sont parties civiles dans cette affaire, selon leur avocat. Mais les victimes viennent aussi d’autres pays, comme les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne.

La majorité des victimes étaient très jeunes au moment des faits, souvent moins de 15 ans. Elles ont été manipulées par un groupe d’hommes venant d’Allemagne, de Nouvelle-Zélande ou des États-Unis, qui communiquaient sur la plateforme Discord. Ces échanges étaient empreints de racisme, d’antisémitisme, de valeurs ultraconservatrices, ainsi que de haine envers les féministes et la communauté LGBT+.

Le profil de Rohan Rane et ses méthodes

Étudiant dans une école de commerce à Antibes, Rohan Rane est considéré comme le « donneur d’ordre principal » de ce groupe, nommé « CVLT ». Selon un expert psychiatre, il aurait un profil « antisocial, narcissique et manipulateur ». Rane lui-même a expliqué se considérer comme « psychopathe ».

Les jeunes filles, souvent noires ou juives, étaient contraintes à des actes sexuels violents, parfois avec des couteaux. Elles étaient aussi forcées à se scarifier, en gravant sur leur peau le nom de leurs tortionnaires ou des symboles nazis. Elles étaient menacées de voir leurs images diffusées à leurs proches ou à leur école, ou d’être victimes de « swatting » (fausse alerte policière).

Après son arrestation, Rohan Rane a d’abord minimisé en parlant d’un « jeu de rôle » consenti. Il a aussi exprimé son admiration pour le nazisme, sa fascination pour des vidéos ultraviolentes, et sa haine envers les féministes occidentales, qu’il accuse selon lui d’avoir un fantasme de viol.

Les poursuites et le contexte judiciaire

Rohan Rane est poursuivi pour torture, actes de barbarie sur mineurs, extorsion en bande organisée, et diffusion de contenus pédopornographiques. Il risquera jusqu’à vingt ans de prison. Initialement prévu pour être jugé en mars 2025, son procès a été transféré aux assises, ce qui pourrait entraîner une peine plus lourde.

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