Benoît Payan et ses adjoints cités en justice pour insultes contre Nicolas Pagnol

Benoît Payan et ses adjoints devant la justice pour injures et diffamation

Ce lundi 5 octobre, Benoît Payan, le maire de Marseille, ainsi que cinq de ses anciens ou actuels adjoints, ont été convoqués devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Ils sont poursuivis pour des accusations d’injures publiques et de diffamation visant Nicolas Pagnol, le petit-fils de Marcel Pagnol. La procédure concerne la gestion du château de la Buzine, un lieu emblématique de la ville.

Le procès intervient dans un contexte de tensions autour de la reprise en main du château par la municipalité en 2023. Depuis 2018, une association présidée bénévolement par Nicolas Pagnol assurait la gestion du site. Lors du changement d’équipe municipale en juin 2020, la ville avait décidé de confier la gestion du château au Centre de Culture Ouvrière (CCO), principalement pour des raisons financières.

Un contexte politique et judiciaire complexe

Ce choix a suscité une vive polémique. Des figures politiques de droite avaient soutenu Nicolas Pagnol, dénonçant une perte du patrimoine. En 2023, la municipalité a finalement repris la gestion du château en régie directe pour en faire une « cité du cinéma ». Nicolas Pagnol a porté plainte avec constitution de partie civile le 23 décembre 2023. Une instruction judiciaire a été ouverte en mai 2024, et une commission rogatoire a été délivrée en août de la même année.

C’est en mars 2025 que Benoît Payan et ses cinq collaborateurs ont été mis en examen, dans le cadre de cette affaire.

Les propos incriminés

Dans un document de douze pages relayé par Le Figaro, le procès détaille notamment des déclarations du maire et de ses adjoints. Sur la chaîne BFM Marseille, Benoît Payan a rappelé que le château ne appartenait pas à Nicolas Pagnol, soulignant que « ce patrimoine important a été massacré suite à la décision des héritiers de Marcel Pagnol de le vendre à Kaufman & Broad ». Il a également insisté lors d’un conseil municipal : « Être l’héritier de Marcel Pagnol, ça commande peut-être comme son grand-père d’avoir un peu d’honneur. Parce que comme le disait Marcel Pagnol, l’honneur c’est comme les allumettes, ça ne sert qu’une fois. »

Le sujet a également suscité des réactions sur les réseaux sociaux. Nicolas Pagnol avait notamment évoqué dans un tweet les « lopettes » qui l’avaient lâché dans son combat contre la municipalité. Jean-Laurent Cochet, adjoint à la mairie, a réagi en qualifiant Nicolas Pagnol d’« homophobe rance » et en soulignant une opposition entre « homophobie » et « humanisme provençal ». Théo Challende-Nevoret a suggéré que le petit-fils pourrait désormais organiser des rencontres contre l’homophobie à la Buzine.

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