Marie-Thérèse Garcia, la détenue la plus âgée de France depuis 1995
Marie-Thérèse Garcia, la détenue la plus âgée de France, depuis 1995
À l’âge de 79 ans, Marie-Thérèse Garcia est aujourd’hui la personne la plus âgée en détention en France. Elle est inculpée pour sa participation présumée à l’assassinat de sa belle-sœur, Corinne Di Dio, dont le corps démembré et décapité a été retrouvé dans une malle flottant sur la Seine en juin 1995.
Une affaire vieille de plus de trente ans
Ce meurtre, longtemps resté sans solution, a connu un nouveau rebondissement en 2012, lors de l’exploitation d’écoutes téléphoniques. Lors de ces écoutes, une petite-fille de Marie-Thérèse Garcia affirmait avoir été témoin, dans son enfance, d’une scène où « une bonne femme se faisait couper en morceaux ».
Surnommée « Ma Dalton » par certains, Marie-Thérèse Garcia affirme depuis le début de la procédure son innocence. Elle a été mise en examen puis placée en détention provisoire en mai 2023, à la maison d’arrêt de Versailles. Malgré son âge avancé et son état de santé fragile, toutes ses demandes de libération ont été rejetées.
Un contexte judiciaire complexe
Son coaccusé présumé, Antonio Marquez-Gomez, l’ancien compagnon de la victime, reste introuvable. La septuagénaire doit comparaître à partir de ce mardi 16 juin devant la cour d’assises des Yvelines.
Ce procès s’inscrit plus de trente ans après les faits. La question centrale concerne les preuves et les mobiles possibles évoqués lors de l’enquête. Maître Najwa El Haïté, avocate de Marie-Thérèse Garcia, revient sur ces éléments dans le cadre de cet épisode d' »Affaire suivante ».
Les mobiles envisagés par les enquêteurs
Les enquêteurs ont d’abord retenu le mobile de la jalousie, en lien avec une possible aventure entre Francisco Marquez-Gomez, son conjoint, et Corinne Di Dio. Selon eux, Marie-Thérèse Garcia aurait pu vouloir se venger, notamment après une phrase qu’elle aurait prononcée : « La vengeance est un plat qui se mange froid ».
Cependant, cette piste n’a pas été confirmée. La juge d’instruction a demandé une expertise psychologique pour analyser le tempérament de Marie-Thérèse Garcia. Les conclusions ont indiqué que le mobile de la jalousie et de l’adultère n’était pas crédible. Lors d’un entretien avec l’expert, Marie-Thérèse a indiqué que son conjoint la trompait fréquemment, ce qui aurait diminué la portée de cette hypothèse.
Une preuve ADN contestée
Un élément clé de l’enquête concerne un prélèvement ADN sur deux éléments pileux, un châtain clair et un châtain foncé. Cependant, cet ADN est mitochondrial, ce qui signifie qu’il peut appartenir à une lignée maternelle commune, comme une fille ou une nièce, et n’est pas une preuve définitive. L’absence de bulbe dans ces échantillons limite leur fiabilité.
La réaction de Marie-Thérèse Garcia
Malgré sa constance dans l’affirmation de son innocence, Marie-Thérèse Garcia a prononcé une phrase lors d’un appel téléphonique qui a été interprétée comme une menace. Elle expliquait simplement que, dans un moment d’émotion et de stress liés à la disparition de sa nièce, elle aurait dit : « Moi, si je les retrouve, je les découpe en morceaux, je les mets dans une valise et je remets cette valise à la gendarmerie ».
Son avocate précise qu’il s’agissait d’un langage empreint de colère et de douleur, et non d’une menace réelle. Elle souligne que cette émotion intense, liée à la disparition d’un proche, peut entraîner des propos qui dépassent la pensée.
Les conditions de détention de Marie-Thérèse Garcia
Aujourd’hui, Marie-Thérèse vit dans des conditions difficiles. Elle souffre de plusieurs problèmes de santé : maladie de Ménière, AVC, apnée du sommeil, et déchaussement des dents. Elle est également fragile physiquement, mais conserve une forte dignité. Son comportement peut donner l’impression d’une femme forte, mais elle a souvent été vue pleurer en détention.
Son avocate insiste sur le fait qu’elle ne présente pas de profil criminel. Selon l’expert, Marie-Thérèse Garcia fait preuve d’empathie et n’a pas de tempérament criminogène. Ce qui peut lui jouer des tours, c’est son tempérament de feu et son personnage de « titi parisien ».



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