Un restaurateur du Gers affiche son cambrioleur sur les réseaux sociaux
Un restaurateur du Gers affiche son cambrioleur sur les réseaux sociaux
Yannick Pitton, propriétaire de la brasserie Le Bastion à Lectoure, dans le Gers, a été victime d’un cambriolage dans son établissement. Face à l’inaction de la justice, il a décidé de publier une vidéo de son suspect, un jeune de 14 ans connu de la justice, sur ses réseaux sociaux.
Après avoir montré une première vidéo en lançant un appel au cambrioleur, il a donné 24 heures sans réponse avant d’afficher son visage et son nom. Son objectif était de faire pression pour récupérer son butin. Cette démarche a permis l’interpellation du jeune homme.
Ce procédé, considéré comme efficace mais illégal, pourrait coûter cher à Yannick Pitton. Il risque notamment un an de prison et 45 000 euros d’amende pour atteinte à la vie privée et violation de la présomption d’innocence. Avec un casier judiciaire, il pourrait aussi perdre sa licence, essentielle pour son activité.
Une frustration face à l’insuffisance de la justice
Yannick Pitton explique avoir agi en toute connaissance de cause. Il déplore que l’État ne donne pas suffisamment de moyens aux forces de l’ordre et à la justice. Sur RMC, il affirme préférer assumer ses actes plutôt que de rester silencieux face à l’inaction.
Il a bien fait, les forces de l’ordre n’ont plus les moyens de gérer, l’État ne met pas les moyens, on n’est pas assez nombreux et la justice ne nous aide pas
Il dénonce aussi le favoritisme des juges, qu’il pense privilégier les coupables au détriment des victimes. Selon lui, cela pousse certains à se faire justice eux-mêmes.
Des exemples d’autodéfense face à la justice défaillante
Ce phénomène n’est pas isolé. Adel, un traiteur, raconte avoir été victime de vol à plusieurs reprises. La première fois, sa plainte a été classée sans suite. La seconde, il a décidé d’agir lui-même, en s’armer avec une matraque télescopique et un gaz lacrymogène, pour se défendre contre des voleurs.
La justice par soi-même malheureusement ça marche. Quand on emprunte de l’argent pour travailler 7 jours sur 7 et qu’on a des procureurs qui classent sans suite, ça suffit
Il explique que, face à l’inaction, il n’a d’autre choix que de se défendre par ses propres moyens, même si cela peut lui coûter cher.
Les risques de la justice par soi-même
William, un autre citoyen, raconte avoir lui aussi décidé de se faire justice après un cambriolage. Il a attrapé le voleur dans sa maison, lui a infligé une correction et l’a attaché à un arbre. Deux jours plus tard, il a été convoqué par la gendarmerie, mais a été finalement relaxé, car il a pu justifier son acte par la présence de ses enfants en bas âge.
Certains experts mettent en garde contre cette pratique. Sam Zirah souligne que si tout le monde se met à agir ainsi, cela pourrait entraîner un chaos dans l’État de droit. Il insiste sur l’importance de respecter la procédure légale et de faire appel à la police si l’on est victime d’un délit.



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