Crise diplomatique : le Portugal refuse l’extradition du meurtrier d’Angela et Audrey
Appel à l’humanité des autorités portugaises
Les parents de la compagne de Cédric Prizzon demandent son extradition vers la France. Leurs enfants, Angela Legobien et Audrey Cavalié, ont été tués par cet homme, qui est détenu au Portugal depuis le 24 mars. Jusqu’à présent, les autorités portugaises refusent de remettre Cédric Prizzon à la justice française.
En mai, un tribunal portugais avait justifié cette décision en expliquant que les crimes présumés ont été commis « entièrement ou en partie sur le territoire portugais », ce qui empêche l’exécution du mandat d’arrêt européen émis par la France.
Une demande pressante des proches
Lors d’une conférence de presse ce lundi 15 juin, Émilie Schipper, mère d’Angela, a exprimé sa frustration. Elle déplore que « tout le monde s’en fout », autant en France qu’au Portugal, et appelle les autorités à « entendre leur détresse ». Elle insiste sur la nécessité que la justice française intervienne pour faire revenir le suspect en France.
Jérôme Legobien-Cadillac, le père d’Angela, déplore également le manque d’action. Il explique que la France a un mandat d’arrêt européen mais que le Portugal semble faire la sourde oreille. Il demande à la justice française d’aider à faire revenir Cédric Prizzon, qui pourrait bénéficier d’un procès en Portugal avec une peine maximale de 25 ans, contre 25 à 30 ans en France. Selon lui, cela pourrait permettre à l’accusé de demander un aménagement de peine en France, ce qu’il souhaite éviter.
Une situation difficile pour la famille
Les corps des deux victimes ont été retrouvés enterrés dans un lieu isolé du district de Bragança, dans le nord-est du Portugal. La découverte a eu lieu à une centaine de kilomètres du lieu où Cédric Prizzon a été arrêté lors d’un contrôle routier dans la région de Guarda.
Les parents d’Angela craignent que le procès au Portugal ne leur permette pas de se « confronter » à l’accusé. La mère d’Angela, Me Elsa Cazor, a indiqué avoir écrit au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, pour demander des informations, mais n’a reçu aucune réponse. Elle regrette que ce soit le silence qui prédomine, alors que cette affaire concerne directement la France.
Les proches expliquent avoir appris la mort de leur fille par la presse, sans pouvoir identifier le corps ni connaître les circonstances exactes du décès. Ils demandent à être informés de tous les détails, notamment de la date et des causes du décès, pour pouvoir faire leur deuil.
Une lettre de l’accusé qui choque
Les avocats des parents ont également exprimé leur incompréhension face à une lettre envoyée par Cédric Prizzon le 12 mai, et reçue par la mère sur son lieu de travail. Dans cette lettre, il demande pardon et minimise ses actes, se victimisant. Pour eux, cette démarche est inacceptable et témoigne d’une cruauté supplémentaire de la part de l’accusé.
Me Elsa Cazor dénonce un fait « inédit » et estime que le procureur aurait dû écarter cette lettre. Le père d’Angela, Jérôme Legobien-Cadillac, souligne que cette lettre aggrave encore la douleur de la famille.



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