Scandale à Marseille : Deux syndicalistes CGT condamnés pour avoir détourné 260 000 €

Deux représentants CGT condamnés pour détournement de fonds au port de Marseille

Deux syndicalistes du Grand port maritime de Marseille ont été condamnés le lundi 1er juin. Ils ont reçu une peine de douze mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité. La justice a reconnu qu’ils avaient détourné plus de 260 000 euros destinés au comité d’entreprise entre 2014 et 2018.

Les faits et le montant détourné

Les deux hommes, membres du syndicat CGT, ont été jugés pour « abus de confiance » par le tribunal correctionnel de Marseille. En plus de la prison avec sursis, ils ont écopé d’une amende de 5 000 euros, répartie entre eux à hauteur de 3 000 euros chacun.

Selon le rapport de la Cour des comptes qui a alerté la justice, Pascal Galéoté, secrétaire du Comité social et économique (CSE) depuis 2015, et Bernard Cristalli, trésorier du CSE de 2014 à 2022, ont indûment utilisé 264 833 euros. Ces fonds, normalement destinés à des activités sociales et culturelles pour les salariés, ont été détournés.

Les modalités du détournement

Les juges ont indiqué que les deux syndicalistes avaient réalisé ces détournements de manière similaire et en toute implication. La justice considère que ces actes portent atteinte à la démocratie sociale et à la confiance des salariés envers leurs représentants.

Les fonds ont été utilisés pour couvrir des frais divers, notamment de restauration, de transport, d’alimentation, d’achats de matériel informatique (ordinateurs, téléphones, tablettes) et même des dépenses personnelles, comme 75 euros dans un bar à cocktails parisien ou plus de 98 000 euros en restaurants, souvent hors de Marseille. L’un des responsables a justifié ces dépenses par des « journées de cohésion » pour les élus du CSE.

Une organisation dans le détournement

Me Henri Labi, avocat d’une partie civile, a souligné la gravité de la situation. Il a évoqué un « système organisé » derrière ces détournements et a salué le courage du parquet qui a mené l’enquête, malgré les enjeux politiques.

Il a également appelé la direction du port à agir. La justice précise que le port ne s’est pas constituée partie civile. La question reste ouverte : la direction va-t-elle continuer à fermer les yeux ou agir face à ces révélations ?

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