Procès Martin Ney : 22 ans après la disparition de Jonathan Coulom

Ce mardi 19 mai marque le début du procès de Martin Ney devant la cour d’assises de Loire-Atlantique. L’homme de 55 ans est suspecté d’avoir enlevé et tué Jonathan Coulom, un garçon de 10 ans disparu en avril 2004 dans cette région.

Le procès doit durer jusqu’au 5 juin. Il vise à faire toute la lumière sur cette affaire, 22 ans après la découverte du corps de Jonathan. Le jeune garçon avait disparu lors d’une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins, dans le département de la Loire-Atlantique.

Les faits se sont produits le matin, vers 8h25, lorsque ses camarades ont signalé que Jonathan n’était pas dans son lit. Peu après, les recherches ont commencé. Dès les premières semaines, les enquêteurs français ont été informés par leurs homologues allemands que la disparition de Jonathan ressemblait à plusieurs autres enlèvements d’enfants attribués à un homme surnommé l’« homme en noir ».

Ce n’est qu’en mai 2004 que le corps du garçon a été retrouvé dans un étang près de Guérande, à une trentaine de kilomètres du lieu de sa disparition. Son corps, lesté d’un parpaing, était entravé par une cordelette autour du cou, des pieds et des mains.

Les révélations d’un ancien compagnon de détention

Le dossier a connu un tournant en 2017 grâce à un témoignage. Un ancien détenu a expliqué que son co-détenu, Martin Ney, arrêté en Allemagne en 2011 pour les meurtres de trois autres garçons, lui aurait confié avoir tué un enfant en France. Selon lui, Ney aurait été surpris par un homme croisé lors des faits, ce qui aurait facilité son crime.

Ce témoignage fait écho à celui d’un agriculteur qui, plusieurs années auparavant, avait affirmé avoir croisé un soir d’avril 2004 un homme conduisant une voiture immatriculée en Allemagne.

Lors de sa garde à vue en 2011, Martin Ney avait déjà été interrogé à propos de l’enlèvement de Jonathan. Il avait nié toute implication. En 2021, sous mandat européen, il avait été transféré en France et placé en examen dans cette affaire.

Né à Brême, Ney est connu de la justice allemande. En 2012, il a été condamné à perpétuité pour les meurtres de trois garçons entre 1992 et 2001, ainsi que pour plusieurs agressions sexuelles. Il a avoué ces crimes, commis après s’être introduit dans des centres accueillant des enfants.

Au cours de l’audience, 20 témoins et experts français et allemands seront entendus sur une période de 13 jours, pour faire toute la lumière sur cette affaire ancienne.

Laisser un commentaire