Procès choc d’Hacène Larbi, le suspect aux responsabilités insoupçonnées

Le procès d’Hacène Larbi, un homme au profil surprenant

Hacène Larbi, suspecté d’avoir commandité plusieurs assassinats depuis sa cellule, comparaît depuis ce lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs en vue de préparer un crime.

En juin 2023, il aurait envoyé un mineur de 17 ans à Marseille pour exécuter une cible dans le cadre d’un trafic de stupéfiants. L’opération a échoué. Larbi est également mis en cause dans la mort du chauffeur VTC Nessim Ramdane en octobre 2024.

Lors de l’audience, Larbi, cheveux bouclés, petite moustache, avec un accent marseillais, affiche un sourire et semble à l’aise. Il parle clairement, évoque son dossier par cœur. Pourtant, ses actions sont graves et inquiétantes.

Des affaires reliées par des similitudes

Le procès, qui doit durer jusqu’à mercredi, évoque aussi une autre procédure concernant la mort de Nessim Ramdane. Bien que Larbi ne soit pas jugé pour ce fait, les deux dossiers se ressemblent.

Dans chaque affaire, des mineurs ont été engagés pour tuer, mais les opérations ont toutes échoué, souvent à cause de leur inexpérience. Des victimes collatérales ont été également déplorées.

Une autre similitude concerne un appel anonyme passé à la police, qui intervient dans chaque dossier pour signaler ou dénoncer des faits. La nature de ces appels reste mystérieuse.

Les enquêteurs ont révélé qu’un appel a été passé dans la nuit du 11 au 12 juin 2023, depuis une ligne attribuée à Larbi. Ce dernier, en détention à la prison de Réau en Seine-et-Marne, conteste avoir passé cet appel, affirmant qu’il n’y avait pas de réseau.

Une personnalité complexe et des questions sur son passé

Interrogé sur sa personnalité, Larbi minimise son profil : « On essaye de fantasmer une personne qui n’est pas la mienne. » Il explique avoir été placé dans la DASS dès ses 13 ans et avoir été en détention depuis 2018. Il ne souhaite pas s’étendre sur son enfance ou ses deux règlements de comptes dont il a été victime.

Il déclare : « Ça m’a déshumanisé, j’ai côtoyé la mort. Dans la rue, on a des partenaires ou des obstacles. » Larbi évoque aussi son quotidien en prison, où il est actuellement en quartier d’isolement à Condé-sur-Sarthe.

Une avocate d’Hacène Larbi souligne que « cette audience met en lumière les conditions dégradantes de sa détention ». Larbi affirme qu’il « est auto-entrepreneur », ce qui a provoqué des rires dans la salle d’audience, la présidente tentant de maintenir la sérieux de l’interrogatoire.

Le lien avec la DZ Mafia, une organisation en déclin

Au centre des soupçons, Larbi a d’abord affirmé faire partie de la DZ Mafia depuis 2021. Aujourd’hui, il déclare ne plus y appartenir, précisant : « Je n’appartiens à aucune mafia. La DZ Mafia n’existe plus, on est tous au QLCO, dans des quartiers spéciaux en prison. »

Il est incarcéré à Condé-sur-Sarthe, en quartier d’isolement. Lors de l’audience, il affirme : « Je suis auto-entrepreneur. » Son affirmation a suscité des rires. La présidente de tribunal doit néanmoins poursuivre son interrogatoire.

Larbi a également revendiqué un lien familial lointain avec un cadre de la DZ Mafia, Mehdi Laribi, dit « TIC », en fuite à l’étranger. Cependant, cette information est aujourd’hui difficile à confirmer. La présidente lui a rappelé que ses déclarations doivent être vérifiées, car certaines pourraient être fausses ou exagérées.

Son audience a été ponctuée d’interruptions et de discussions avec son co-prévenu, ce qui a ralenti le procès. Larbi a indiqué qu’il était fatigué et qu’il devait partir rapidement pour rejoindre sa prison.

Les questions sur ses motivations et sa dangerosité

Lorsqu’il est questionné sur l’opération de juin 2023, Larbi avoue avoir envoyé un mineur, Anatole, pour tuer un rival. Il précise : « S’il n’est pas capable de mener à bien sa mission… »

La présidente lui rappelle que ce mineur a tenté de se suicider trois fois après les faits, avec des expertises concluant à une altération de son discernement. Larbi répond : « Je ne savais pas qu’il était mineur. Au moment des faits, il était conscient de ce qu’il faisait. »

Elle lui demande si, selon lui, il serait prêt à tuer pour attirer l’attention. Larbi réplique : « Je règle mes problèmes, je me protège, je protège mes proches. »

Les experts psychiatriques ont indiqué qu’il n’éprouve ni remords ni culpabilité, et qu’il n’a pas peur d’être condamné à perpétuité. Ils ont aussi mentionné un contexte familial difficile dans son parcours.

Une avocate d’Hacène Larbi souligne que « cette audience est essentielle pour qu’il soit jugé selon son véritable rôle, ni plus ni moins. » Larbi, qui a souvent réponse à tout, pourrait écoper jusqu’à 20 ans de prison. Ses deux co-prévenus seront encore entendus ce mardi.

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