Agressions homophobes en hausse : le fléau des guet-apens via les applications
Une victime d’un guet-apens homophobe témoigne
Le rapport annuel de l’association SOS Homophobie, publié le lundi 11 mai, alerte sur une hausse préoccupante des agressions homophobes en France, notamment avec l’essor de guet-apens via des applications de rencontre.
En 2025, 1 771 témoignages d’agressions ont été recueillis, soit 200 de plus que l’année précédente. Parmi ces violences, les guet-apens prennent une place croissante. Selon les associations, au moins un guet-apens aurait été organisé tous les quatre jours, totalisant 70 incidents en une année. Les victimes sont souvent brutalement agressées ou dépouillées après avoir rencontré quelqu’un sur des sites comme Grindr.
Le récit d’une victime : un épisode violent
Steve, victime de ce type d’attaque l’été dernier, raconte avoir été profondément bouleversé. Il explique avoir ressenti de la colère et de la révolte face à cette situation. Il affirme également qu’il n’a pas à avoir honte de ce qui lui est arrivé.
Il confie : « Je n’étais pas à l’aise, je ne voulais pas me retrouver entre eux… Il y avait un climat un peu puant »
L’agression : un épisode traumatisant
Au cœur de l’été, Steve, âgé de 37 ans, échange sur un site de rencontre avec deux hommes. Après quelques messages, ils se donnent rendez-vous dans un parking de supermarché, puis partent s’isoler dans la campagne. Une fois à l’abri des regards, les deux inconnus demandent à Steve de se déshabiller, ce qu’il fait en se mettant en sous-vêtements.
Il raconte : « Ils m’ont demandé par quoi je voulais commencer… J’ai levé la tête et il y en a un qui m’a mis une droite »
Il se retrouve alors au sol, frappé violemment au visage et au dos. La violence est extrême. L’un des agresseurs aurait même dit : « Sors le couteau, sors le couteau ». Dans sa tête, Steve a eu peur de mourir.
Sorti de cette agression, il a immédiatement porté plainte. Avec son avocat, il déplore que la justice ne prenne pas en compte le caractère homophobe de ces violences.
Maître Fabrice Agnoletti, qui le défend ainsi qu’une dizaine d’autres victimes, explique que ces infractions sont souvent jugées comme des violences et des vols, sans considération pour l’aspect homophobe. Selon lui, ces actes sont commis en raison de l’orientation sexuelle de la victime.
Les défis de la prévention sur les applications de rencontre
Les plaintes restent rares, en partie parce que peu de victimes osent porter plainte, par peur ou honte. Du côté des applications, la modération est difficile à mettre en place pour prévenir ce type de drame.
En mars 2026, plusieurs plateformes telles que Grindr, Tinder, Bumble et Happn ont signé une charte d’engagement pour renforcer la sécurité des utilisateurs LGBT+. Soutenues par la ministre de l’Égalité, Aurore Bergé, ces entreprises s’engagent à mieux informer et prévenir, à favoriser l’usage de profils vérifiés, à améliorer les outils de signalement, à conserver les données pour la police, et à collaborer plus étroitement avec les forces de l’ordre. Il s’agit d’un engagement sans précédent au niveau mondial.



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