Procès Gannat : le conseiller identitaire face à ses propos racistes

Le procès de Jean-Eudes Gannat, conseiller municipal et militant identitaire

Le tribunal d’Angers doit rendre sa décision ce mercredi 10 juin dans l’affaire opposant Jean-Eudes Gannat, conseiller municipal d’opposition à Segré-en-Anjou Bleu (Maine-et-Loire) et militant identitaire. Il est poursuivi pour injures publiques racistes.

Les propos incriminés ont été diffusés en novembre dernier. Le 4 novembre, Jean-Eudes Gannat avait partagé une vidéo sur les réseaux sociaux montrant cinq personnes près d’un supermarché. Il avait légendé cette vidéo en écrivant : « Marre de vivre avec les cousins des Talibans jusqu’au fin fond de nos campagnes ».

Dans cette publication, le conseiller municipal associait les réfugiés afghans aux talibans, ce qui lui a valu une plainte. La procédure vise aussi les personnes présentes sur la vidéo, ainsi que les associations SOS Racisme et la Ligue des droits de l’Homme, qui ont déposé plainte.

Les arguments des parties

Lors de l’audience, l’avocat des victimes, maître Jean de Bary, a souligné que les propos de Jean-Eudes Gannat constituaient une injure raciste. Il a expliqué que ces propos essentialisent des Afghans aux talibans, considérés comme un régime autoritaire et terroriste. Selon lui, ces réfugiés fuient ce régime et en sont victimes.

Le président de la Ligue des droits de l’Homme du département, Adbu Jamil, a quant à lui rappelé que la France est un État de droit. Il a insisté sur le respect dû à ces réfugiés qui ont fui la guerre, et a déclaré que justice devait être faite pour toutes les personnes stigmatisées.

De son côté, Jean-Eudes Gannat a affirmé ne pas se sentir coupable. Il a expliqué qu’il s’agissait d’une tentative de le faire culpabiliser. Il a aussi considéré que ses propos relevaient de son droit à la liberté d’expression. Il a ajouté que la procédure judiciaire était nulle et qu’il ne faisait que s’exprimer librement.

La condamnation envisagée

Lors de l’audience, le parquet d’Angers a requis une peine de quatre ans de prison avec sursis et une amende de 1.000 euros à l’encontre du militant.

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