Accusé de viols et de vidéos macabres à Lyon son procès choc

Un homme sera jugé à Lyon les jeudi 11 et vendredi 12 juin. Il est accusé d’avoir drogué et violé sa compagne, tout en la filmant à son insu pour diffuser ces images en ligne. Il nie ces faits.

Selon les enquêteurs, cet homme, qui travaille comme garde du corps, aurait voulu profiter de « l’expérience » de Dominique Pelicot pour endormir sa partenaire avant de commettre des actes sexuels. Les investigations montrent qu’il aurait cherché à comprendre comment droguer sa femme afin de l’abuser ou de la livrer à d’autres personnes, en ligne.

« L’intérêt premier de ce dossier sera de déterminer s’il y a eu ou non des liens nourris entre Dominique Pelicot et mon client, laissant penser que l’un est le mentor de l’autre », nuance l’avocat de l’accusé, Me Gabriel Versini-Bullara.

Des vidéos et photos intimes découvertes

Lors de l’instruction, la police a retrouvé dans le téléphone de l’accusé de nombreux clichés montrant sa femme dénudée. Ces images ont été prises dans leur chambre depuis le début de leur relation en 2015, à l’aide de caméras cachées.

Le 13 juin 2023, l’homme, âgé de 39 ans, a été placé en garde à vue. La perquisition a permis de retrouver ces vidéos, ainsi que des échanges avec d’autres hommes. Certains propos montraient une volonté de droguer et violer la victime, ou de la « donner » à des tiers à son insu.

Les enquêteurs ont également découvert dans un coffre-fort des puissants sédatifs que l’accusé détenait sans accès pour la victime. Il explique aujourd’hui qu’il s’agissait d’un « jeu sexuel ». Cependant, les magistrats ont conclu que l’ « endormissement profond » de la victime excluait tout consentement, ce qui caractérise une surprise.

La victime et ses troubles

La plaignante a expliqué avoir vécu une période de grande fatigue entre 2020 et 2023, sans en connaître la cause. Elle a également signalé des vertiges, des troubles cardiaques, et des « trous noirs » après s’être endormie.

Lors de sa première audition, l’accusé a reconnu avoir drogué sa conjointe avec un somnifère et avoir commis des viols et des agressions sexuelles. Il affirme désormais que cela relevait d’un « jeu » et minimise ses actes.

Les éléments de l’enquête

Les investigations ont révélé que l’accusé conversait en ligne avec d’autres hommes pour comprendre comment droguer sa femme. Il aurait même cessé ses échanges avec l’ex-mari de la victime en comprenant que ses fantasmes ne restaient pas au stade de la simple discussion.

Une autre partie de l’enquête concerne la création de faux profils sur un site de rencontres, où des photos volées de la victime, nue, ont été postées. La victime a indiqué que des hommes s’étaient rendus devant son lieu de travail, pensant avoir un rendez-vous.

Le contenu pédopornographique et la défense

L’accusé possède également de nombreux contenus pédopornographiques. Il a expliqué qu’il s’agissait de « curiosité mal placée » ou de « moments d’égarement ».

Le procès doit aussi examiner ces éléments. La victime a accepté que le procès ne se tienne pas à huis clos, sans vouloir s’exprimer publiquement. Son avocate, Me Julia Studient, précise qu’elle ne porte aucun message particulier dans cette démarche.

Le verdict est attendu vendredi en fin de journée. L’accusé risque jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

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