Nahel : le tribunal requalifie l’affaire en meurtre, un tournant clé
Réexamen de la qualification des faits dans l’affaire Nahel
Le tribunal de Versailles, dans les Yvelines, doit réexaminer mardi 29 septembre la qualification juridique des faits retenus contre Florian M., le policier poursuivi pour la mort de Nahel Merzouk, survenue à Nanterre en 2023. La Cour de cassation avait annulé en juin dernier la requalification des faits en violences, rouvrant ainsi la voie à un procès pour meurtre.
Après cette décision, l’affaire a été renvoyée devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles. C’est cette chambre qui doit maintenant statuer à nouveau sur la qualification des faits et examiner la demande de non-lieu formulée par la défense lors d’une audience à huis clos. La décision sera probablement délibérée et rendue à une date ultérieure, avec la possibilité de nouveaux recours.
Les positions de la famille de Nahel
La famille de Nahel Merzouk souhaite que la qualification du crime reste celle de meurtre. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux du collectif Justice pour Nahel, dont fait partie sa mère, ils appellent la chambre de l’instruction à « tirer, cette fois, les conséquences judiciaires qui s’imposent » et à retenir la qualification de meurtre.
« Nous réaffirmons ainsi qu’il n’appartient pas à la chambre de l’instruction de créer un pseudo statut d’exception s’agissant des policiers », indique le communiqué.
Les arguments de la défense
Pour la défense, le tir du policier Florian M. était légitime et conforme au cadre légal. Son avocat, Me Laurent-Franck Liénard, a précisé à l’AFP que l’acte était justifié.
Nahel Merzouk, âgé de 17 ans, a été tué par balle lors d’un contrôle routier le 27 juin 2023 à Nanterre. La victime avait été touchée lors d’un tir à bout portant, selon la version policière.
Procédure et évolution judiciaire
Le 3 juin 2025, après deux ans d’enquêtes, deux juges d’instruction avaient ordonné le renvoi de Florian M. devant la cour d’assises pour meurtre, conformément aux réquisitions du parquet de Nanterre. Le policier avait alors fait appel de cette décision.
En mars dernier, la cour d’appel de Versailles avait ordonné le renvoi pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. La cour avait également confirmé le non-lieu pour un second policier présent lors de l’intervention. La Cour de cassation a validé cette décision en juin, sauf pour la requalification des faits concernant Florian M.
Contexte et symbolique
La mort de Nahel, largement relayée par les médias, est devenue un symbole des violences policières en France. Les images de l’interpellation, qui contredisaient la version officielle, ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, déclenchant plusieurs nuits de protestation dans tout le pays.



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