Arnaque au vin : Comment certains restaurants gonflent votre addition

Une arnaque au vin qui peut gonfler votre addition

Lorsque vous commandez un vin comme un Chablis en terrasse, il arrive que l’addition augmente sans que vous en soyez conscient. En réalité, dans certains restaurants, le vin servi n’est pas toujours celui que vous avez payé. Cette pratique est connue dans le milieu de la restauration parisienne sous le nom de rempotage. Elle a été révélée par une enquête du journal Le Parisien dans plusieurs zones touristiques de la capitale.

Comment fonctionne le rempotage ?

Le principe est simple : le serveur facture un vin « premium », comme un Chablis ou un Sancerre, mais sert en réalité un Sauvignon beaucoup moins cher, souvent acheté autour de 5,60 € la bouteille. Le client, souvent peu connaisseur, peut ne pas se douter de la différence, surtout en vacances ou sur une terrasse animée. Cette pratique repose non seulement sur l’étiquette, mais aussi sur une organisation bien rodée en cuisine et au bar.

Définition et pratiques courantes

Le rempotage désigne le fait de regrouper des fonds de bouteilles ou de remplacer un vin par un autre moins coûteux, tout en conservant le prix de la bouteille prestigieuse sur la note. Sarah, employée dans la restauration à Paris depuis trente ans, explique que cela peut arriver lors d’ »happy hour » ou pour faire passer un vin de moindre qualité pour un produit plus cher. Elle cite notamment le cas du bardolino remplacé par du Chianti ou du beaujolais présenté comme un Côte-du-Rhône. »

Comment le rempotage est mis en place

Ce système est souvent utilisé dans les établissements situés près des sites touristiques. Tristan, ancien serveur dans une brasserie du XVIIIe arrondissement, raconte que la majorité des touristes se faisaient avoir. La pression venait parfois du patron, qui insistait pour que les bouteilles les plus chères ne soient pas consommées trop rapidement. Il précise qu’un seul client a découvert la supercherie, et c’était un sommelier.

Pour mesurer l’ampleur du phénomène, des professionnels comme Gwilherm de Cerval, ancien sommelier, et Marina Giuberti, maître caviste, ont effectué des tests en tant que clients mystères. À plusieurs reprises, ils ont commandé un Chablis ou un Sancerre, mais ont constaté qu’il s’agissait en réalité d’un simple Sauvignon d’entrée de gamme, acheté moins cher par le restaurateur que le prix facturé au client. Le piège est d’autant plus facile lorsque le vin est servi au verre, surtout pendant l’happy hour, avec la bouteille hors de vue derrière le comptoir.

Les conseils pour éviter cette arnaque

La DGCCRF, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, rappelle que la bouteille de vin doit être ouverte en présence du client. Le vin doit être servi directement depuis la bouteille, visible par le consommateur, conformément au décret n°60-296 du 28 mars 1960. De plus, le Code de la consommation interdit toute tromperie sur l’identité ou la qualité du produit vendu.

Voici quelques réflexes simples pour se protéger :

  • Demander à voir la bouteille avant qu’elle ne soit ouverte et vérifier que l’étiquette correspond au vin commandé.
  • Exiger que le vin soit versé devant vous, directement depuis la bouteille.
  • Privilégier la commande d’une bouteille entière plutôt que des verres isolés, pour limiter les risques de substitution.
  • En cas de doute, poser calmement la question : « Je peux voir la bouteille, s’il vous plaît ? »
  • Si le vin ne correspond pas à la carte ou si vous suspectez une substitution, n’hésitez pas à refuser poliment.

Ces précautions prennent peu de temps et peuvent souvent dissuader toute tentative de rempotage, notamment sur les terrasses très fréquentées dans les quartiers touristiques. Il est aussi important de rappeler que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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