Meurtre macabre à Paris : la victime avait prévu son propre drame

Le 6 juillet, la cour d’assises de Paris juge Lakhdar M. pour le meurtre de sa femme, Assia M., fin janvier 2023. Son corps a été retrouvé démembré, dans plusieurs sacs, dans le parc des Buttes-Chaumont et à Bobigny.

Les premiers signaux avant la disparition

En janvier 2023, Assia M. confie à sa famille ressentir une sensation étrange. Elle leur dit : « On dirait quelqu’un qui m’étrangle. Je suis sûre que je vais mourir. » Elle évoque un mal-être lié à des dettes qu’elle et son mari ont contractées.

Découverte macabre

Environ un mois plus tard, le corps d’Assia M. est découvert démembré, dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris et à Bobigny. Le 13 février 2023, des jardiniers du parc alertent la police après avoir trouvé un sac suspect dans un entrepôt à ciel ouvert. En l’ouvrant, les policiers découvrent un morceau de corps humain, probablement le bassin d’une femme. D’autres sacs contenant des parties du corps sont retrouvés près des voies ferrées, dans la Petite ceinture qui traverse le parc.

Liens avec la disparition d’Assia M.

Les enquêteurs relient rapidement cette scène à la disparition d’Assia M., 46 ans. Dix jours avant la découverte, son mari, Lakhdar M., s’était présenté au commissariat de Montreuil pour signaler sa disparition. Il expliquait qu’elle était introuvable depuis quatre jours, mais il est également connu qu’Assia partait souvent plusieurs jours lors de braderies, sans donner de nouvelles à sa famille.

Les investigations et la surveillance

Les enquêteurs examinent les données téléphoniques d’Assia. Son téléphone a été localisé pour la dernière fois près de son domicile. Son compte bancaire montre peu de mouvements depuis sa disparition. Le 8 février, Lakhdar M. contacte la police pour médiatiser la disparition, cherchant notamment comment contacter une émission télévisée. Il pose aussi des questions sur la présence de caméras dans le parc des Buttes-Chaumont.

Lorsque la police lui annonce le décès de sa femme, il pleure, mais son comportement suscite des doutes. Son entourage évoque des tensions liées à des dettes. La vidéosurveillance révèle qu’il se rend dans un magasin de bricolage le matin du 2 février, achète des sacs poubelle et une meuleuse, puis se rend dans le parc. Il y revient plusieurs fois avec un cabas chargé.

Le procès et les aveux

Le 23 février 2023, Lakhdar M. est placé en garde à vue. Il avoue rapidement avoir tué son épouse lors d’une altercation liée à leurs dettes, le 30 janvier. Il explique avoir étranglé Assia M., puis avoir décidé de démembrer son corps pour se débarrasser des restes. Sur ses indications, un dernier sac contenant des restes a été retrouvé derrière un muret près d’un arrêt de bus.

État psychologique et contexte juridique

Les expertises psychologiques réalisées sur Lakhdar M. montrent qu’il n’avait pas de troubles mentaux au moment des faits. Cependant, des questions demeurent sur ses motivations. Il ne présente ni pathologie psychiatrique ni dangerosité criminologique selon les experts.

Le procès s’ouvre ce lundi 6 juillet. Lakhdar M. est poursuivi pour « meurtre par conjoint » et risque la réclusion à perpétuité. La famille de la victime demande que justice soit faite et que sa mémoire soit respectée.

Les réactions et dispositifs d’aide

Les avocats de la famille insistent sur la nécessité que la justice ne permette pas à l’accusé de dénigrer la victime lors du procès. La défense de Lakhdar M. n’a pas répondu à nos sollicitations.

3919 : le numéro pour les femmes victimes de violences
Le « 3919 », « Violence Femmes Info », est un numéro national gratuit et anonyme. Il offre écoute, information et orientation vers des dispositifs d’aide. Il est géré par la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF).

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