Le Frère d’Adama Traoré condamné à 8 mois avec bracelet pour violences

Condamnation d’un frère d’Adama Traoré à huit mois de prison avec bracelet électronique

Un frère d’Adama Traoré a été condamné ce jeudi 2 juillet à Paris à une peine de huit mois de prison, aménagée avec bracelet électronique. Il a été reconnu coupable d’outrage et de violences envers des policiers lors d’une manifestation en juillet 2023 à Paris, organisée à la mémoire de son frère.

Ce rassemblement avait été interdit par les autorités, dans un contexte de tensions sociales accrues après la mort de Nahel et les émeutes dans plusieurs banlieues. La manifestation avait pour but de rendre hommage à Adama Traoré, décédé en 2016 lors de son arrestation par la gendarmerie.

Après le délibéré, l’avocat du jeune homme, Me Yassine Bouzrou, a annoncé qu’il ferait appel. Il a également dénoncé une « mascarade judiciaire ». Selon lui, le condamné aurait osé gesticuler pendant que la police le maîtrisait au sol, ce qu’il considère comme une décision renforçant « l’impunité des forces de l’ordre ».

Une vidéo montrant la violence

Le tribunal correctionnel a reconnu Ysoufou Traoré coupable de la « pluralité » des faits qui lui étaient reprochés, notamment une « violence visible sur plusieurs enregistrements vidéo ». La vidéo en question montre l’intervention policière lors de la manifestation, où l’on voit le jeune homme se débattre face aux policiers.

En plus de la prison avec bracelet, Ysoufou Traoré doit verser des amendes pouvant atteindre 1 100 euros à plusieurs fonctionnaires de police impliqués dans l’affaire.

Le rejet de Ysoufou Traoré

Le jeune homme, qui s’est exprimé peu après la décision, a nié avoir agressé les policiers lors du procès. Il a déclaré que c’était un mensonge et que les policiers avaient menti. Son avocat a également souligné qu’il n’avait pas frappé de policiers, contrairement aux accusations.

Les autorités avaient interdit la manifestation pacifique prévue à Paris, en raison du contexte tendu. La famille Traoré a dénoncé ce qu’elle qualifie d’« acharnement » contre eux, notamment par la diffusion de fausses versions des faits.

Les accusations et circonstances

Ysoufou Traoré était poursuivi pour avoir, lors de cette manifestation, outragé une commissaire et frappé un autre policier au thorax. Il aurait également résisté violemment lors de son arrestation, qui a eu lieu à proximité de la gare de l’Est, après la dispersion du rassemblement.

Lors de cette interpellation, il a été blessé, notamment avec une fracture du nez, et a été placé en garde à vue. Sa plainte contre la police, déposée auprès de l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale), a été classée sans suite.

Ysoufou Traoré a expliqué que sa réaction était due à la peur de mourir, évoquant la mort de son grand frère Adama. Il a notamment déclaré qu’il voulait éviter d’aller au sol, craignant que cela ne lui soit fatal, et a critiqué les méthodes d’interpellation utilisées par les forces de l’ordre.

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