Magistrate d’Auch sanctionnée sans avoir pu se défendre : son message choc
Une magistrate d’Auch se sent déjà sanctionnée sans avoir pu se défendre
La substitut du parquet d’Auch (Gers), ciblée dans le rapport de l’Inspection générale de la justice (IGJ) publié le 22 juin, affirme n’avoir pas eu l’occasion de se défendre avant d’être sanctionnée. Selon un message qu’elle a envoyé à ses proches et que BFMTV a pu consulter, elle estime avoir fait tout son possible dans le traitement de l’affaire Rosa.
Elle exprime sa colère en déclarant : « Je suis déjà sanctionnée alors que je ne me suis pas encore défendue ». Depuis la publication du rapport, cette jeune magistrate se retrouve au centre d’un scandale judiciaire lié aux erreurs dans la gestion du dossier Lyhanna.
Un rapport accablant sur son travail
Ce rapport de 44 pages critique sévèrement son intervention dans cette affaire. Il évoque plusieurs défauts : « traitement défaillant », « perte de temps », « erreur d’orientation » et « absence de prise en compte de l’urgence ».
Bien que la magistrate n’ait pas encore pris la parole publiquement, elle a confié ses pensées à ses proches. Elle dénonce la difficulté de ne pas pouvoir se défendre face aux critiques, notamment politiques et médiatiques, qu’elle entend.
Une situation difficile et un avenir incertain
Elle indique bénéficier du soutien de sa hiérarchie, mais redoute déjà son avenir professionnel. Elle confie : « mon sort est déjà envisagé ».
Cette magistrate devait suivre la procédure concernant l’affaire Rosa, une jeune fille de 11 ans qui avait déposé plainte pour viol contre Jérôme Barella en août 2025. Ce dernier est suspect dans le meurtre et le viol présumé de Lyhanna, commis neuf mois plus tard. Jusqu’à présent, il n’avait pas été placé en garde à vue.
Un contrôle approfondi de son travail
Au cours des deux dernières semaines, trois inspecteurs de l’IGJ ont examiné son travail au parquet d’Auch, où elle a été affectée en septembre 2023, pour la première fois dans un parquet. Elle risque une audience disciplinaire devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), où elle pourrait faire face à des sanctions telles qu’une rétrogradation, un déplacement d’office ou une révocation. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, lui a déjà retiré son habilitation pour traiter des affaires de mineurs.
Une gestion perçue comme insuffisante
Elle estime avoir fait tout ce qu’elle pouvait lors du traitement de la procédure Rosa, en seulement cinq semaines, alors que d’autres juridictions prennent jusqu’à six mois pour traiter de telles affaires. Elle souligne avoir géré ce dossier intensément, avec notamment 11 jours consacrés à la permanence du parquet, 7 journées d’audiences correctionnelles et d’autres réunions.
Les inspecteurs de l’IGJ lui reprochent notamment de ne pas avoir indiqué l’urgence dans le dossier envoyé aux gendarmes, ce qui aurait pu retarder le traitement prioritaire de l’affaire. Ils dénoncent aussi son manque de suivi, puisqu’elle n’a pas pris de nouvelles des enquêteurs pendant quatre mois.
Des critiques sur la conduite de l’enquête
Les inspecteurs considèrent que, face à la gravité des faits et au risque de récidive, elle aurait dû exercer une direction plus active de l’enquête, notamment en ordonnant une garde à vue pour Jérôme Barella, suspect principal. Cependant, elle s’en défend, expliquant que tout le monde travaille dans des conditions difficiles et que chacun fait face à des heures impossibles, au détriment de leur vie de famille.
Elle précise également que, durant la période concernée, elle était très occupée par d’autres affaires urgentes, dont 11 jours de permanence, 7 journées d’audience et diverses réunions. La décision de l’IGJ quant à ses responsabilités sera rendue par le CSM dans les prochains mois.



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