Procès en vue pour l’assaillant du professeur Bernard deux ans après l’attaque

Le parquet demande un procès contre l’assaillant et ses proches

Deux ans après l’assassinat du professeur Dominique Bernard à Arras, le parquet national antiterroriste a requis, ce mardi, le renvoi en justice de Mohammed Mogouchkov, l’agresseur, ainsi que de son frère et de son cousin. La décision finale appartient désormais aux juges antiterroristes.

Les faits reprochés à Mohammed Mogouchkov

Le parquet a demandé que Mohammed Mogouchkov, qui a attaqué son ancien professeur le 13 octobre 2023, soit jugé pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste et participation à une association de malfaiteurs à caractère terroriste. Ces faits ont profondément choqué la France.

Ce jour-là, l’individu fiché pour radicalisation islamiste a poignardé le professeur de 57 ans, à la sortie de la cité scolaire Gambetta-Carnot à Arras, dans le Pas-de-Calais. Lors de l’attaque, un autre enseignant a essayé d’intervenir mais a été gravement blessé au visage. L’assaillant l’a poursuivi dans la cour du lycée. Deux agents de police ont également tenté d’intervenir, mais ont été blessés à leur tour.

Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues et ont maîtrisé l’assaillant avec un pistolet à impulsion électrique. Avant l’attaque, Mohammed Mogouchkov avait publié une vidéo d’allégeance au groupe jihadiste Daesh, revendiquant son geste.

Les motifs et la radicalisation

Selon le parquet, la haine envers l’Éducation nationale et ses valeurs, comme la laïcité et la liberté de penser, aurait motivé le choix de Dominique Bernard comme première victime. Le parquet a aussi requis un procès contre le frère du terroriste, Souleiman Mogouckov, alors mineur au moment des faits, pour association de malfaiteurs terroristes.

Le parquet précise que Souleiman Mogouchkov, bien qu’ayant observé la radicalisation de son frère, n’a pas été informé du projet criminel. Les investigations montrent qu’il n’était pas au courant des détails du plan et qu’il n’a pas été impliqué directement, selon ses déclarations et les éléments numériques retrouvés.

Concernant le cousin de l’assaillant, qui a reconnu savoir que Mohammed Mogouchkov était « radicalisé » et qu’il lui avait demandé de réparer un couteau quelques semaines avant l’attaque, le parquet a également demandé sa mise en accusation. Ce dernier a admis qu’il aurait dû prévenir sa famille ou la police.

Les juges antiterroristes doivent maintenant décider de suivre ou non ces réquisitions du parquet.

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