Éric Dupond-Moretti dénonce l’exploitation politique de la mort de Lyhanna

Éric Dupond-Moretti dénonce l’exploitation politique de la mort de Lyhanna

L’ancien ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a réagi ce jeudi 18 juin sur RTL à ce qu’il qualifie d’« exploitation politique » de la mort de Lyhanna par certains opposants. Selon lui, cette affaire est utilisée pour critiquer le gouvernement et les anciens exécutifs dans le cadre de la campagne présidentielle.

Interrogé sur les responsabilités de l’État face à cette tragédie, il souligne : « Évidemment, l’État doit protéger tous ceux qui se trouvent sur le territoire national, mais on a entendu ces derniers jours beaucoup de choses, peut-être trop rapidement. » Il estime que la famille aurait préféré ne pas voir la mort de Lyhanna instrumentalisée, et que l’on aurait dû respecter une période de recueillement et de compassion.

Tout en reconnaissant que la justice doit encore être dotée de moyens suffisants, il appelle à une réflexion posée, évitant de céder à l’émotion ou à la démagogie. « Les cris, ils sont légitimes quand ils viennent de la famille, mais pour le reste, les dirigeants politiques ont une obligation de regarder les choses dans le détail, et certainement pas sous l’empire de l’émotion », affirme-t-il.

Il insiste également sur la nécessité d’analyser la situation avec du recul, en évitant de provoquer des changements rapides : « Il y a un certain nombre de choses qu’il faut regarder objectivement, avec du temps, de la circonspection, en mettant tout le monde autour de la table. On ne peut pas faire en un claquement de doigts une espèce de révolution. »

Lyhanna utilisée à des fins électorales

Éric Dupond-Moretti accuse les différentes forces politiques d’utiliser la mort de Lyhanna dans un contexte électoral. Il dénonce notamment ceux qui prétendent que « rien n’a été fait » pour améliorer la situation. Il affirme : « Ce n’est pas que je ne veux pas entendre que rien n’a été fait, mais je ne veux pas l’entendre de la part de ceux qui n’ont rien fait eux-mêmes. »

Il critique également la France insoumise, qui dénonce un manque de moyens, alors qu’elle n’a pas voté les budgets qu’il proposait lorsqu’il était à la tête du ministère de la Justice entre 2020 et 2024. Il rappelle que, du côté des socialistes, les financements étaient faibles, notamment sous Christiane Taubira, et que du côté des Républicains, le nombre de policiers et de juges a diminué sous Nicolas Sarkozy.

Les démagogies et incompétences dénoncées

Il s’en prend aussi aux politiques du Rassemblement national, qu’il accuse de se servir de cette tragédie à des fins démagogiques. Il critique notamment la proposition de Marine Le Pen de recruter 18 000 magistrats, soulignant la difficulté de former de tels professionnels en quelques années, et se questionnant sur la faisabilité de cette idée.

« Je ne dis pas que les moyens sont suffisants, mais ceux qui critiquent aujourd’hui, en utilisant la mort de cette petite fille pour leur campagne électorale, feraient mieux de se taire », déclare-t-il. Il défend également son bilan en soulignant que des efforts ont été faits dans la justice, et que tout ne peut pas être changé instantanément.

Enfin, il met en garde contre la tentation de remplacer la justice par la vengeance, soulignant : « Il y a un vrai danger à condamner la justice comme elle l’est aujourd’hui, parce que s’il n’y a plus de justice, qu’est-ce qui la remplacera ? La vengeance ? C’est ça qu’on veut comme système ? »

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