Condamné pour avoir publié une liste d’avocats ciblés un coup de tonnerre dans l’affaire
Une condamnation pour avoir publié une liste d’avocats ciblés
Le 18 juin, le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné Erik Tegnér, directeur du média Frontières et éditorialiste chez CNews, à six mois de prison avec sursis et à une amende de 10 000 euros. La condamnation concerne un délit créé en août 2021, après l’assassinat de Samuel Paty, visant à lutter contre le doxxing.
La décision fait suite à la publication par Frontières, en début 2025, d’un hors-série dans lequel une liste nominative de 60 avocats spécialisés en droit des étrangers était diffusée. Ces avocats étaient présentés comme « coupables » de contribuer à « l’invasion migratoire ». La publication comprenait noms, prénoms, et lieux d’exercice, notamment à Lille, Marseille ou Paris. La publication a été accompagnée de messages menaçants, certains appelant à « pendre » ces avocats.
Les risques pour les avocats et la réaction du tribunal
Ce qui a conduit à cette condamnation, c’est la mise en danger des avocats. Le tribunal a souligné que ces professionnels exercent une mission essentielle pour la démocratie, en rappelant qu’ils « ne faisaient qu’exercer la mission qui leur était confiée par la République ».
Le tribunal a aussi pointé une « rhétorique accusatoire virulente » qui présentait ces avocats comme responsables d’une prétendue invasion migratoire. Selon lui, ces propos ont délibérément exposé les avocats à des risques réels d’atteinte à leur sécurité.
Me Agathe Grenouillet, qui représente une dizaine de parties civiles, a indiqué à BFMTV être très satisfaite de cette décision. Elle a précisé que ses clients avaient été profondément affectés par cette publication qui a mis leurs noms en danger. Elle a également rappelé que leur travail, bien que contesté, est vital pour la démocratie.
Une campagne de diffamation ciblant les avocats
Ce dossier remonte à janvier 2025, lorsque Frontières a publié un hors-série où une liste de 60 avocats était publiée à la couverture, les accusant d’être « coupables » de soutenir « l’invasion migratoire ». Le média d’extrême droite a nommé ces avocats, en précisant leur identité et leur lieu d’exercice, les présentant comme des « militants » engagés dans une activité « lucrative ».
Sur ses réseaux sociaux, Frontières a publié des photos et noms de trois avocats, affirmant qu’ils étaient « payés par VOS impôts avec l’aide juridictionnelle ». Par la suite, de nombreux messages de menaces ont été diffusés, appelant à des violences contre ces professionnels.
La bâtonnière de Marseille a dénoncé cette campagne, la qualifiant de « nauséabonde » et de « dossier truffé d’erreurs », estimant que 60 avocats avaient été « jetés en pâture ».
Les avocats de Erik Tegnér n’ont pas voulu réagir immédiatement à cette condamnation, sollicités par BFMTV.



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