Libéré après 21 ans, le violeur récidiviste face à la colère de sa victime

« Je suis en colère. » En 2018, Roland Blaudry a été condamné à 30 ans de prison pour le viol de Karine Jambu. La jeune femme, aujourd’hui âgée de 29 ans, a été victime pour la première fois à l’âge de 5 ans, dans la maison familiale. Ses parents hébergeaient un pédocriminel récidiviste, malgré leur connaissance de ses antécédents d’attentats à la pudeur sur mineurs.

Après avoir passé 21 ans en prison, Blaudry a été libéré suite au principe de « confusion des peines ». Lors de sa condamnation en 2018, il avait déjà été incarcéré depuis 13 ans, pour des viols sur sa propre fille, pour lesquels il avait été condamné en 2007 à 18 ans de réclusion.

Ce système permet à un condamné dont la peine la plus longue est de 30 ans, de voir sa peine « absorber » la peine plus courte, et ainsi d’être éligible à une libération après sa période de sûreté. Karine Jambu, ainsi que sa tante et mère adoptive Laurence Brunet-Jambu, dénoncent cette pratique. La récente disparition de Lyhanna a également mis en lumière les dysfonctionnements du système judiciaire face aux agressions sexuelles sur mineurs et aux récidives.

« Je ne comprends pas comment la justice peut laisser faire ça, » déplore la jeune femme. Son agresseur vit désormais à Rennes, à quelques kilomètres de chez elle. « Je n’habite pas dans ce quartier, mais je passe souvent sur le chemin de mon travail. »

Un prédateur à proximité

Selon Laurence Brunet-Jambu, Blaudry est hébergé chez son frère. Elle affirme qu’il représente une menace pour les enfants du quartier : « C’est un prédateur que l’on a relâché dans une zone où il y a environ 300 enfants, à seulement 50 mètres d’une école maternelle et primaire. »

Elle précise également qu’il porte un bracelet électronique, mais que cela ne le dissuade pas d’approcher des enfants. « Il peut attraper un enfant dans le couloir ou faire ses courses. Il peut ramener n’importe quel enfant. Et il vit chez son frère, qui, quand il arrivait avec Karine, s’en allait pour la laisser seule avec lui. »

Une lutte contre la justice

Karine Jambu et sa tante ont lancé une pétition contre la confusion des peines. Elles espèrent obtenir un changement législatif. La jeune femme insiste : « La place de son violeur, c’est en prison. »

« Ce genre de personne ne changera pas, » ajoute-t-elle. La famille de Karine affirme aussi que la justice française a déjà été condamnée à plusieurs reprises pour ses dysfonctionnements dans des affaires de violence sexuelle.

Laurence Brunet-Jambu conclut en affirmant que l’affaire Lyhanna aurait pu être évitée. « On ne prend pas les mesures nécessaires pour empêcher que cela se reproduise. D’autres enfants ont vécu la même chose que Karine, et certains ont perdu la vie. »

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