Inceste : la justice rouvre l’enquête sur Joël Barella après des accusations accablantes
Joël Barella, père de Jérôme Barella, a été accusé par deux petites-filles de sa compagne d’inceste entre 2010 et 2015. Ces faits, qu’il a toujours niés, concernent des viols et des agressions sexuelles. La justice a classé deux affaires, mais une enquête est aujourd’hui rouverte, au moins pour l’une d’entre elles.
Le 19 février 2013, une mère et sa fille, Prescyllia, alors âgée de 13 ans, se rendent dans une gendarmerie en Haute-Garonne pour dénoncer des actes d’inceste. La fillette accuse le compagnon de sa grand-mère paternelle, Joël Barella, d’abus sexuels. Il s’agit du père de Jérôme Barella, aujourd’hui âgé de 71 ans.
Selon le récit de Prescyllia, ces abus se seraient déroulés à plusieurs reprises, principalement chez ses grands-parents, mais aussi au domicile de son père, séparé de sa mère et sans lien de parenté avec Jérôme Barella. Les faits se seraient produits entre janvier 2010 et février 2013.
La mère de Prescyllia explique qu’elle a rapidement constaté un changement dans le comportement de sa fille, devenue difficile. La jeune fille lui aurait alors confié avoir été victime d’attouchements, voire de pénétrations, par son grand-père par alliance. Ce dernier lui aurait demandé de ne pas en parler.
Une famille presque unanime pour défendre le grand-père
Le lendemain de la plainte, un médecin légiste examine Prescyllia. Il ne constate aucune lésion récente ou ancienne. Une psychologue note cependant que le comportement de la jeune fille pourrait évoquer des troubles liés à des abus sexuels, tels que l’agressivité ou la tristesse.
Les enquêteurs s’intéressent alors à la famille de la victime. Le père de Prescyllia qualifie sa fille de « menteuse, vicieuse et charmeuse », l’accusant d’attirer l’attention. La grand-mère paternelle, compagne de Joël Barella, parle aussi d’une « attitude provocante » de l’enfant. Elle affirme avoir surpris Prescyllia dans une salle de bains, ce que la fillette nie fermement. L’équipe éducative de l’école décrit également Prescyllia comme une « menteuse » qui se dispute avec ses camarades.
Une seule voix, celle de la mère de Prescyllia, s’élève pour la défendre, affirmant que c’est Joël Barella qui aurait tout construit dans la famille pour en tirer profit.
« Aguicheur, ayant tendance à mentir »
Le 17 septembre 2014, Joël Barella est placé en garde à vue. Il affirme considérer ses six petits-enfants comme ses propres enfants, mais décrit Prescyllia comme « différente » et « aguicheuse » avec des garçons plus âgés. Il nie fermement les accusations.
Un expert psychiatre examine Joël Barella, concluant qu’il ne présente aucun trouble ou dangerosité psychiatrique. Pourtant, un an plus tard, une information judiciaire est ouverte contre lui pour viols et agressions sexuelles sur mineur. La justice poursuit ses investigations, mais la procédure reste en suspens.
Par ailleurs, Prescyllia, placée en famille d’accueil à la demande de sa mère isolée, sombre dans la détresse. Son comportement devient problématique, et une famille d’accueil signale une sexualisation inappropriée. Certains évoquent l’impact possible des abus subis.
La justice, quant à elle, ne le voit pas de la même manière. Le 25 novembre 2020, Joël Barella apparaît devant un juge d’instruction. Celui-ci décide de ne pas le mettre en examen, mais de le considérer comme témoin assisté. L’enquête est clôturée le lendemain, avec une décision de non-lieu en 2021, évoquant un manque de preuves suffisantes pour poursuivre.
Une autre victime, une demi-sœur
En 2015, Maeva, la demi-sœur de Prescyllia, alors âgée de 9 ans, accuse aussi Joël Barella d’attouchements. Elle explique avoir été seule un mois chez sa grand-mère paternelle, où Joël aurait abusé d’elle. Elle garde le silence pendant deux ans, avant d’en parler à un professeur.
Une enquête pour agressions sexuelles est ouverte, mais elle sera classée sans suite en 2020, pour manque de preuves. La question se pose alors si la justice a fait le lien entre les deux affaires impliquant la même personne.
Réouverture de l’enquête sur Maeva
Le parquet de Béziers annonce ce mercredi la réouverture de l’enquête concernant Maeva. Le procureur souhaite vérifier certains éléments suite à l’actualité récente. Pour Maeva, c’est un soulagement : elle espère que ses accusations seront prises au sérieux.
Concernant Prescyllia, aucune décision n’a encore été communiquée sur la réouverture ou non de l’enquête. La jeune femme espère justice pour ce qu’elle considère comme une grave injustice. Joël Barella, de son côté, reste présumé innocent, n’ayant pas été mis en examen officiellement. Il n’a pas pu être joint par BFMTV, tout comme son avocate, pour le moment.



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