FIJAISV : le fichier secret qui surveille les prédateurs en toute discrétion
Le FIJAISV : un fichier national réservé à certains professionnels
Le Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV) est géré par la justice française. Son objectif principal est d’aider à identifier les personnes ayant commis ou étant condamnées pour des infractions sexuelles ou violentes, afin de prévenir la récidive.
Ce fichier est également utilisé pour vérifier, dans certains secteurs sensibles, si une personne est interdite ou limitée dans ses capacités à travailler auprès de mineurs. Les informations stockées incluent notamment l’identité de la personne, ses adresses successives, et les décisions judiciaires ayant conduit à son inscription.
Il est important de noter que l’inscription au FIJAISV ne concerne pas uniquement les viols ou agressions sexuelles. La loi prévoit également l’enregistrement pour d’autres infractions sexuelles et pour certaines infractions violentes particulièrement graves. La présence dans le fichier est souvent plus fréquente lorsque l’infraction est commise sur un mineur, même si cette infraction aurait été différente si elle concernait un adulte.
Combien de personnes sont inscrites en 2024 ?
En 2024, environ 111 000 personnes figuraient dans le FIJAISV. Toute personne de plus de 13 ans peut faire l’objet d’une inscription, pas seulement les adultes. La liste comprend aussi des mineurs, avec une durée de conservation généralement de dix ans pour eux.
Selon une proposition de loi du Sénat en octobre 2024, ce nombre indique que le fichier est un outil important pour la surveillance des délinquants sexuels, violents ou terroristes.
Les personnes inscrites ont un droit d’accès à leurs données. Elles peuvent demander à les faire rectifier ou, dans certains cas, à les faire effacer. La durée de conservation des données varie : 30 ans pour les crimes punis d’au moins dix ans d’emprisonnement, 20 ans pour d’autres infractions, et 10 ans pour les mineurs.
Ce délai commence généralement à partir de la notification de l’inscription, ou à partir de la libération en cas d’incarcération. La présence dans le fichier peut aussi prendre fin plus tôt dans certains cas, comme la mort de la personne ou une décision de non-lieu.
Qui peut consulter le FIJAISV ?
Le FIJAISV n’est pas accessible au grand public. Seules certaines autorités habilitées, comme les magistrats, les officiers de police judiciaire ou les préfets, peuvent y accéder dans le cadre d’enquêtes ou de vérifications spécifiques.
La députée européenne Sarah Knafo (Reconquête) remet en question cette restriction. Elle souhaite instaurer un « registre public des délinquants sexuels » à l’image de ce qui existe aux États-Unis.
Ce registre américain, créé à la fin des années 1990 après l’affaire Megan Kanka, permet aux citoyens d’être informés de la présence de pédophiles dans leur voisinage. La tragédie de Lyhanna, une jeune fille tuée par un pédocriminel, relance cette discussion en France. Selon ses défenseurs, cela pourrait renforcer la protection des populations contre les récidives.



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