Procès choc dans le porno amateur : viols, sexisme et racisme à l’affiche

Un procès aux assises pour violences sexuelles dans le milieu du porno

Le premier grand procès en France concernant des violences sexuelles dans le secteur du porno amateur sera jugé aux assises. Cette décision intervient après que de nombreuses parties civiles ont demandé que des circonstances aggravantes telles que le sexisme et le racisme soient retenues contre les accusés.

Ce procès concerne l’affaire de la plateforme pornographique « French Bukkake », qui s’est déroulée entre 2015 et 2020. À l’été 2023, les juges d’instruction avaient ordonné la mise en accusation des suspects devant la cour criminelle. Cependant, une trentaine de parties civiles ont contesté cette décision, insistant sur le fait que les violations dénoncées comportaient des éléments de sexisme et de racisme, et devaient donc être jugées en cour d’assises.

Les implications de la justice

En France, pour que des violations soient jugées avec des circonstances aggravantes, la loi prévoit une comparution aux assises. Cela concerne notamment des infractions pouvant entraîner des peines de plus de vingt ans de prison. Quatorze accusés, dont le dirigeant de la plateforme aujourd’hui fermée, un associé, un rabatteur présumé, ainsi que d’autres acteurs, risquent donc une peine plus lourde.

Un processus judiciaire en cours

La cour d’appel avait initialement rejeté la demande de renvoi aux assises, mais cette décision a été cassée par la Cour de cassation. Celle-ci a ordonné un nouvel examen de l’affaire. Jeudi, la chambre de l’instruction a communiqué qu’elle rendrait ses motivations pour le renvoi dans les prochains jours, lors d’un délibéré à huis clos.

Les éléments sexistes et racistes enfin retenus

Dans un arrêt rendu en mai 2025, la Cour de cassation a estimé que la chambre de l’instruction aurait dû prendre en compte le caractère sexiste et raciste des violations. Elle a reproché à la chambre d’avoir considéré que certaines insultes, telles que « salope » ou « pute », n’étaient pas liées à l’appartenance au sexe féminin ou à une ethnie ou race, alors que c’était précisément le cas.

Une dimension de proxénétisme

La Cour de cassation a également indiqué que la chambre aurait dû considérer les tournages pornographiques comme du proxénétisme, étant donné que les producteurs en ont tiré profit. Lorraine Questiaux, avocate des parties civiles, a salué cette décision en affirmant qu’elle se félicitait du renvoi aux assises.

“Nous nous félicitons du renvoi aux assises”, a-t-elle déclaré.

Elle a aussi souligné que la dimension raciste et sexiste des actes n’est pas anecdotique. Selon elle, cela montre que la haine était au cœur de l’industrie pornographique et explique le contexte des crimes.

Un enjeu pour le changement social

Pour les parties civiles, la tenue de ce procès en cour d’assises représente un moyen efficace de faire évoluer la société. Pierre-Alexandre Kopp a notamment indiqué que le tribunal pouvait jouer un rôle de vecteur de changement en cas de condamnation.

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