Patrick Balkany condamné : la chute d’un symbole de la politique française

Condamnation de Patrick Balkany dans deux affaires de détournements de fonds publics

L’ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, a été condamné par le tribunal de Nanterre à une peine de prison ferme, sans mandat de dépôt. La décision concerne deux dossiers de détournements de fonds publics. Patrick Balkany a annoncé qu’il ferait appel de cette condamnation.

Lors de l’audience, il a tenté de convaincre le tribunal avec son assurance habituelle. Il a évoqué ses trois années d’inéligibilité restantes et a déclaré qu’à 77 ans, il ne se présenterait plus à aucune élection dans trois ans, à l’âge de 80 ans. Il a affirmé qu’il ne serait plus candidat à l’avenir.

Le tribunal a cependant rappelé que les promesses ne sont pas toujours suivies d’effets. Il se souvient notamment que Patrick Balkany a tenté, en vain, un retour en politique lors des dernières municipales à Levallois-Perret.

Le jugement a été rendu le 28 mai. Patrick Balkany a été condamné à quatre ans de prison, dont trois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 euros et à une inéligibilité de dix ans. La peine n’a pas entraîné de mandat de dépôt. L’ancien maire, absent lors du délibéré en raison d’une hospitalisation selon son avocat, a annoncé faire appel.

Son avocat, Me Robin Binsard, a souligné que la peine de trois ans ferme était « aménageable », notamment pour une personne de plus de 70 ans, sous liberté conditionnelle. Il a également critiqué le jugement, estimant qu’il s’agissait davantage d’une « leçon de morale » que d’une application stricte du droit.

Les dossiers jugés

Patrick Balkany, déjà condamné plusieurs fois par le passé pour fraude fiscale et blanchiment, a été cette fois reconnu coupable de « détournement de fonds publics » et de « prise illégale d’intérêts ». Ces affaires ont été évoquées lors d’un procès qui s’est tenu sur quatre jours début avril.

Le premier dossier concerne l’emploi de Renaud Guillot-Corail, ancien collaborateur de Balkany à Levallois-Perret. Après sa retraite en 2012, il a été nommé à la tête d’une association satellite de la ville, avec un salaire de 5 447 euros par mois pendant six ans. Selon l’accusation, cet emploi aurait été une « occupation de complaisance » offerte par Balkany dans un « écosystème » qu’il a lui-même décrit comme tel.

Utilisation de policiers municipaux comme chauffeurs

Dans une autre affaire, Balkany a été reconnu coupable d’avoir utilisé des policiers municipaux comme chauffeurs personnels lorsqu’il était maire. Les investigations ont révélé que des agents municipaux conduisaient parfois le maire, ses enfants ou ses petits-enfants pour des trajets privés. Certains d’entre eux disposaient même d’une chambre dans la propriété familiale de Giverny, en Eure, pour faciliter ces déplacements.

Malgré ses ennuis de santé et son appauvrissement, Patrick Balkany n’a pas perdu sa capacité à s’énerver. Lors de l’audience d’avril, il avait notamment accusé les juges de faire la loi à la place des parlementaires, ce qui avait provoqué une réaction forte de la présidente du tribunal.

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