Affaire Grégory : l’avocat dénonce une enquête irrécupérable et veut tout stopper

Une affaire considérée comme irrécupérable par l’avocat de la grand-tante

Maître Frédéric Berna, avocat de Jacqueline Jacob, la grand-tante du petit Grégory, estime que l’enquête sur la mort du garçon, il y a plus de 40 ans, ne peut plus avancer. Il annonce qu’il contestera la mise en examen de sa cliente lors de l’audience prévue le mercredi 27 mai.

Selon lui, l’affaire est « totalement irrécupérable » et doit être suspendue. Il critique notamment le début de l’enquête, qu’il qualifie de « pourrie », en évoquant la perte d’échantillons d’eau liés au cas. Il souligne aussi plusieurs événements qui ont compliqué la procédure, comme la mort en 1985 de Bernard Laroche, suspect à l’époque, ou l’inculpation puis le non-lieu de Christine Villemin, la mère de l’enfant. La mort en 2017 d’un juge enquêteur et l’annulation de plusieurs mises en examen en 2018 sont également évoquées.

Frédéric Berna dénonce une « gabegie financière » avec des expertises coûteuses, estimées à plusieurs millions d’euros, qui n’ont finalement rien apporté à la résolution de l’affaire. Pour lui, la justice continue à s’acharner inutilement, tentant de rattraper quarante ans d’erreurs.

Plusieurs mises en examen et accusations

La mise en examen récente de Jacqueline Jacob, 81 ans, illustre selon lui cette dérive judiciaire. Il rappelle qu’elle avait déjà été mise en examen en 2017 pour « enlèvement et séquestration suivie de mort », mais cette procédure avait été annulée pour vice de forme en 2018. Le 24 octobre dernier, elle a été à nouveau mise en examen, cette fois pour « association de malfaiteurs » en lien avec la préparation à l’enlèvement de Grégory.

Les enquêteurs considèrent que Jacqueline Jacob pourrait être l’un des « corbeaux » qui ont harcelé la famille Villemin durant plusieurs années. Leur suspicion repose notamment sur une expertise menée en 2021 par un spécialiste suisse, qui attribue trois lettres anonymes de 1983 — dont une menaçant directement la famille Villemin — à cette personne. Une contre-expertise en stylométrie est également en cours pour analyser l’orthographe et le style des écrits.

Maître Berna dénonce ce qu’il perçoit comme une tentative de faire de sa cliente un « bouc émissaire ». Il affirme qu’il a le sentiment que certains espèrent qu’elle décède pour pouvoir clore l’affaire en affirmant qu’elle en est la responsable. Il conclut en exprimant sa crainte que cette procédure vise à simplement « résoudre » l’affaire à tout prix, au prix de la justice.

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