Amende pour avoir loué Pétain : un discours choquant en pleine controverse
Une amende pour un discours contesté sur Pétain
Jacques Boncompain, âgé de 85 ans, a été condamné ce mercredi 20 mai à une amende de 5 000 euros. Il était poursuivi pour avoir tenu des propos contestés lors d’une messe en hommage au maréchal Pétain, organisée en novembre dernier à Verdun.
Les faits reprochés
Le président de l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) avait affirmé que Pétain avait « sauvé, devant témoins, au moins 700 000 juifs » durant la régime de Vichy. Ces déclarations ont été faites lors de la sortie de la messe, devant de nombreux journalistes. Le tribunal a considéré ces propos comme une « minoration outrancière du nombre de victimes de la Shoah ».
Une décision ferme
En plus de l’amende, la justice a décidé d’afficher l’intégralité de la décision dans le tribunal pendant deux mois. La présidente du tribunal a indiqué que cette mesure vise à sensibiliser le public et à prévenir toute récidive. La décision a été saluée par la LICRA et l’Observatoire Juif de France, qui ont qualifié cette condamnation d’« exemplaire ».
Une relaxe partielle
Lors de l’audience, Jacques Boncompain a été partiellement relaxé pour une autre déclaration, dans laquelle il affirmait que Pétain était « le premier résistant de France ». Le tribunal n’a pas pu établir si cette phrase avait été prononcée, faute de preuves suffisantes.
Les réactions de l’accusé
Présent à l’audience en mars, Boncompain n’a pas contesté ses propos, mais il les a justifiés en citant des historiens soutenant une vision minoritaire selon laquelle Pétain aurait protégé certains Juifs. Il a également dénoncé un « scandale » et un « guet-apens » de la part du maire de Verdun, qui aurait demandé l’annulation de la messe. Cependant, le tribunal a rejeté ces accusations, estimant que l’organisateur avait voulu attirer de nouveaux membres en médiatisant l’événement.
Un contexte historique
Philippe Pétain, héros de la bataille de Verdun en 1916, a pris la tête du régime de Vichy en 1940, collaborant avec l’Allemagne nazie. Condamné à mort en 1945, sa peine a été commuée en détention à vie. Il est décédé en 1951 sur l’île d’Yeu.



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