Affaire Cédric Prizzon : le Portugal refuse de remettre l’auteur présumé d’un double féminicide à la France

Accusé des meurtres de sa conjointe et de son ex-compagne, Cédric Prizzon est retenu depuis le 25 mars dernier au Portugal. Et alors que la France avait émis un mandat d’arrêt européen contre lui, le Portugal refuse de remettre l’ancien policier à la justice française, jugeant que ses crimes présumés ont été commis « sur le territoire national ».

Arrêté le 25 mars dernier après cinq jours de cavale au Portugal lors d’un contrôle routier au nord du pays, dans la région de Guarda, Cédric Prizzon, accusé d’avoir tué son ex-conjointe et mère de leur fils de 12 ans, Audrey C., ainsi que sa compagne au moment des faits et mère de sa fille de 18 mois, Angela L., ne quittera finalement pas sa geôle portugaise malgré le mandat d’arrêt européen émis par la France le 5 mai 2026 contre lui. L’information a été communiquée ce vendredi 8 mai par la cour d’appel de Coimbra (dans le centre du Portugal) à l’Agence France-Presse. Un refus justifié par le fait que les crimes présumés de l’ancien policier de 42 ans ont été commis « entièrement ou en partie sur le territoire national », d’après le tribunal. En outre, la justice portugaise précise qu’une procédure judiciaire a déjà été ouverte au Portugal à son encontre. De son côté, le parquet de Montpellier avait indiqué mercredi 6 mai à l’AFP qu’un mandat d’arrêt avait été diffusé le 25 mars par le magistrat instructeur chargé de l’affaire, côté français, au sein du tribunal.

Pour rappel, les corps des deux Françaises, mortes « par asphyxie » d’après les premiers éléments de l’enquête, ont été retrouvés enterrés dans un lieu isolé du district de Bragança, dans le nord-est du pays, à une centaine de kilomètres du lieu de l’arrestation de Cédric Prizzon. D’après les premiers aveux du suspect, il aurait tué Audrey C. lors d’une dispute qui aurait mal tourné, avant de tuer Angela L. pour la faire taire car elle lui demandait de se rendreDeux meurtres exécutés sans préméditation, d’après l’Aveyronnais, qui auraient eu lieu sous les yeux des deux enfants de l’accusé, que celui-ci est aussi accusé d’avoir enlevés et maltraités.

Cédric Prizzon reste au Portugal : les familles de ses victimes présumées appellent à une mobilisation politique

Face au refus du Portugal de remettre Cédric Prizzon à la France, les familles des victimes ont réagi via leurs avocats, réclamant une mobilisation politique afin qu’elles puissent faire leur deuil convenablement. Me Fabien Arakélien, avocat de la mère d’Audrey C., a ainsi déclaré, cité par Le Parisien : « Nous savons aujourd’hui avec certitude, compte tenu d’une expertise de morpho-analyse des traces de sang [retrouvées au domicile d’Audrey Cavalié], qu’une partie des faits a été commise en France. La balle revient donc à nos hommes politiques, et particulièrement au garde des Sceaux, si soucieux du respect des droits des victimes. Une telle décision empêche les familles de faire leur deuil sereinement.«  Elsa Cazor, l’avocate de la mère d’Angela L., a pour sa part regretté jeudi, dans un communiqué cité par nos confrères, que « les autorités portugaises ne donnent aucune information et ne permettent pas l’accès au dossier alors que c’est un droit élémentaire pour une partie civile ». Pour l’heure, le garde des Sceaux n’a pas réagi.

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Source : femmeactuelle.fr

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