Le Parquet réclame un an de prison ferme pour Dominique Boutonnat
Le parquet demande un an de prison ferme en appel contre Dominique Boutonnat
Le parquet de la Cour d’appel de Versailles a requis ce lundi 4 mai une peine de trois ans de prison, dont un an ferme, à l’encontre de Dominique Boutonnat. L’ancien président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a été condamné en première instance à la même peine pour des faits d’agression sexuelle sur son filleul.
Lors de l’audience, comme lors du jugement en première instance en 2024, Dominique Boutonnat a nié les accusations. Avant sa condamnation, il était considéré comme l’une des figures les plus influentes du cinéma français. Il a toutefois indiqué qu’il comprenait désormais mieux la « souffrance réelle » de son filleul. L’avocate générale a souligné la « posture de déni » du prévenu.
Les faits remontant à août 2020
Les faits reprochés se sont produits lors de vacances en Grèce, en août 2020, dans la maison de campagne de Dominique Boutonnat. Son filleul, alors âgé de 20 ans, l’accuse d’avoir tenté de le masturber dans son lit après une baignade dans une piscine. Le jeune homme affirme également avoir été masturbé dans sa chambre pour arrêter le prédateur.
De son côté, l’ancien président du CNC a reconnu s’être pris en photo nu à la sortie de la piscine, mais en précisant qu’il visait le paysage. Il a aussi reconnu avoir échangé des baisers dans la chambre de son filleul, mais selon lui, ces gestes étaient consentis et initiés par le jeune homme.
Le lendemain, les deux parties conviennent que Dominique Boutonnat est entré dans la salle de bain de son filleul pour l’embrasser, cette fois pour « lever l’ambiguïté » sur la nuit précédente. Le prévenu a expliqué qu’il ne pouvait pas imaginer un tel comportement avec un jeune homme qu’il considère comme le fils de ses meilleurs amis. Il a également évoqué une « mécanique de mensonge » du jeune homme concernant d’autres faits.
Un enregistrement compromettant
Quelques jours plus tard, un enregistrement réalisé par Dominique Boutonnat, considéré comme un « cauchemar » pour lui par l’avocate de la partie civile, a été diffusé. Dans cet audio, il admet avoir eu des actes, mais « rien de sexuel » selon ses propres mots, et les considère comme étant de sa « faute ».
Lors de cet échange, Dominique Boutonnat explique qu’il tentait de déculpabiliser son filleul par « excès d’empathie » sans savoir qu’il était enregistré. Il demande également à son interlocuteur de ne parler à personne, ce qui est entendu par sa meilleure amie, qui le soutient par la suite en lui rappelant que son parrain n’est « pas un boyfriend » (petit ami). L’avocate de la défense a insisté sur le fait que ce qui s’est passé était « extrêmement volatil » mais « consentit ».
Le délibéré est attendu pour le 22 juin. La décision de la cour pourrait confirmer ou modifier la peine initiale.



Laisser un commentaire