Policiers condamnés pour violences en Seine-Saint-Denis : la justice frappe fort

Deux policiers condamnés pour violences en Seine-Saint-Denis

Deux agents de police ont été reconnus coupables d’avoir frappé un jeune homme lors d’une intervention en 2021 à Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis. Ils ont été condamnés, ce jeudi 2 avril, à une peine de 12 mois de prison avec sursis.

Raphaël L., 32 ans, a également été condamné à une interdiction d’exercer la profession de policier pendant deux ans, avec exécution provisoire. Anthony C., âgé de 29 ans, a été radié de la police depuis les faits, dans une autre affaire.

Une altération de la vérité et une atteinte à la confiance

Le tribunal de Bobigny a souligné que Raphaël L. avait rédigé un procès-verbal mensonger, ce qui porte atteinte à la confiance dans la police. La justice a considéré cette falsification comme une gravité supplémentaire.

Le 12 mars, les deux policiers avaient été initialement condamnés à six mois de prison avec sursis, avec une interdiction d’exercer pendant deux ans pour Raphaël L. Anthony C. a reconnu avoir porté des coups lors de l’intervention. De son côté, Raphaël L. a déclaré aux juges que ses violences étaient légitimes.

Les policiers expliquaient être intervenus le 17 septembre 2021 pour rechercher l’auteur d’un refus d’obtempérer. Ils ont affirmé avoir été confrontés à des personnes « hostiles » qui leur lançaient des insultes, notamment Aboubacar S., qu’ils connaissaient et qu’ils ont décidé d’interpeller pour des outrages.

Une vidéo remet en question la version policière

Après l’incident, le jeune homme a été placé en détention provisoire pendant 22 jours. Lors du procès, l’avocat de la victime a présenté une vidéo amateur montrant les policiers frappant Aboubacar S., ce qui a modifié la perception de l’affaire.

Une enquête du service de déontologie de la police a conclu qu’ »aucun danger pour les fonctionnaires » n’était présent avant l’altercation. La vidéo montrait que les premières violences provenaient des policiers eux-mêmes.

Des violences physiques détaillées

Selon l’enquête, Raphaël L. a porté dix coups de matraque sur le corps de la victime et un coup de pied dans les jambes. Anthony C. lui a donné deux coups de poing et trois coups de pied à la tête.

Ce qui devait initialement entraîner une journée d’incapacité totale de travail a été réévalué à 11 jours d’ITT, en tenant compte des conséquences psychologiques pour la victime.

Réactions et condamnation

Me Arié Alimi, l’avocat de la victime, s’est déclaré « très satisfait » de la condamnation. Il a notamment souligné que l’interdiction d’exercer, avec exécution provisoire, était une mesure importante pour la justice.

Laisser un commentaire