Un ancien rugbyman arrêté pour le meurtre de ses ex-compagnes après une obsession de garde d’enfant
Un homme obsédé par la garde de son fils et ses relations avec les groupes masculinistes
Ancien policier et ex-rugbyman de 42 ans, Cédric Prizzon a été arrêté au Portugal le 24 mars 2026. Il est soupçonné d’avoir tué son ex-compagne et sa compagne actuelle. Les corps des deux femmes ont été retrouvés enterrés dans un lieu isolé.
Les enquêteurs ont découvert que cet homme était profondément préoccupé par la perte de la garde de son fils. Il dénonçait cette situation comme une injustice depuis plusieurs années. Sur les réseaux sociaux, il publiait des messages virulents et échangeait avec d’autres pères séparés dans des groupes où circulent des discours masculinistes.
Comment ces mouvements alimentent-ils la haine envers les femmes ?
Le passage à l’acte de Prizzon pourrait-il avoir été prévisible ? C’est la question que se pose la justice et les experts. Dans un épisode d’Affaires Suivantes, la chercheuse Stéphanie Lamy, spécialiste des guerres de l’information, explique comment ces groupes peuvent nourrir la haine des femmes.
Les revendications des pères séparés et leur perception de la justice
Une perception d’injustice partagée
Les pères séparés qui militent contre la perte de la garde de leurs enfants dénoncent souvent une justice partiale. Ils estiment que le système judiciaire, devenu majoritairement féminin, est biaisé en faveur des femmes. Ces hommes dénoncent une justice perçue comme inéquitable et critiquent la « féminisation » du corps judiciaire.
Une justice perçue comme partiale à l’avantage des femmes
Ils pensent que la majorité des juges étant des femmes ne seraient pas neutres. Selon eux, ces juges pourraient rendre des décisions en faveur des femmes, même dans des cas de violence ou de comportements violents. La déchéance de leurs droits par la justice leur apparaît comme une injustice systémique contre les hommes.
Les actions de ces pères séparés et la manipulation de l’opinion publique
Manifestations et mobilisation en ligne sont des moyens courants pour ces hommes. Ces actions visent aussi à attirer l’attention des médias, souvent peu formés à détecter la manipulation. Le phénomène, connu sous le nom d’AstroTurfing, consiste à donner une impression d’engouement populaire autour de revendications souvent déformées.
Les médias régionaux relaient parfois ces manifestations sans toujours interroger la version des ex-compagnes. Cela contribue à amplifier le discours selon lequel les pères seraient victimes de discriminations injustes devant la justice.
Les exemples historiques et le discours masculiniste
Des actions spectaculaires pour faire avancer leur cause
Des exemples comme celui des hommes qui se sont perchés en 2013 sur des grues à Nantes illustrent cette mobilisation. Leur objectif était d’obtenir la résidence alternée automatique lors de chaque séparation, tout en évitant de traiter la question de la violence conjugale. Certains, comme Serge Charnay, ont été condamnés pour enlèvement. Lorsqu’ils descendaient des grues, ils tenaient des propos sexistes sur la justice et les femmes.
Le masculinisme, une idéologie liée à l’antiféminisme
Le masculinisme est considéré comme une branche de l’antiféminisme. Il s’agit d’un mouvement collectif qui exprime une haine des femmes, en effaçant la perspective féminine. Les discours masculinistes se concentrent sur la souffrance masculine, souvent au détriment des droits et de la voix des femmes.
Une origine historique et une résistance aux droits des femmes
Ces mouvements sont apparus dans les années 1960, en réaction aux avancées des droits des femmes, notamment en matière de divorce et d’autorité parentale. La reconnaissance de la résidence alternée par défaut lors des séparations a été perçue comme une remise en cause du rôle traditionnel du père. Ces résistances ont pris une forme organisée, souvent corporative, pour défendre leurs intérêts.
Les discours de ces groupes continuent de nourrir la logique judiciaire, en attribuant la violence ou la rupture conjugale à la seule cause de la garde des enfants, alors que la réalité est plus complexe.
Une posture victimaire et le risque de violence
Les membres de ces mouvements se présentent souvent comme victimes d’un système injuste. Ce sentiment de déclassement identitaire peut mener à la radicalisation, voire à la violence. Ces hommes justifient parfois leurs actes par leur statut de victimes, ciblant leurs ex-compagnes ou les acteurs du système judiciaire.
Le danger de passage à l’acte violent existe, même si la recherche sur ce sujet reste limitée. Des groupes et influenceurs radicaux encouragent parfois à la violence, en critiquant des organisations jugées trop modérées, ou en appelant à agir directement contre leurs ex ou des institutions.



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