Procès historique 12 ans après la collision meurtrière entre un train régional et un TGV
Douze ans après l’accident, le procès débute à Pau
La SNCF et SNCF Réseau, gestionnaire des lignes ferroviaires, comparaissent à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Pau. Ils sont poursuivis pour « blessures involontaires » dans une affaire remontant à douze ans, concernant une collision entre un train régional et un TGV à Denguin, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Les faits se sont produits le 17 juillet 2014. Un train régional circulant vers Dax a heurté un TGV à une vitesse de 95 km/h. La collision a été causée par un signal qui était passé au vert, alors que le train régional aurait dû rester à l’arrêt. Le conducteur du TER, voyant l’arrière du TGV à 350 mètres de lui, en sortie de courbe, a enclenché le frein d’urgence, mais n’a pas pu éviter la collision.
Le rapport final du Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) a révélé que la principale cause du dysfonctionnement était la présence de rongeurs dans les coffrets électriques des systèmes de signalisation. Ces rongeurs avaient rongé des fils dénudés, provoquant un court-circuit qui a conduit au passage du feu au vert.
Ce problème de signalisation avait été identifié comme un risque majeur. Après une enquête de dix ans, la SNCF et SNCF Réseau, qui a depuis changé de nom, ont été renvoyés en justice en 2024. Ils sont accusés de ne pas avoir suffisamment investi dans la lutte contre les rongeurs et d’avoir négligé l’état des équipements électriques.
Les enjeux du procès
Après une vérification approfondie, la SNCF avait constaté que 36 % de ses installations de signalisation montraient des traces d’activité de rongeurs. Dans 5 % des cas, des fils électriques étaient endommagés. La défense de la SNCF, menée par Me Philippe Valent, souligne que les débats seront très techniques, notamment sur l’origine du feu vert qui a permis la collision.
Lors de cet accident, 228 passagers étaient à bord des deux trains, dont 178 dans le TGV. Parmi eux, une personne a été grièvement blessée, avec une incapacité totale de travail de six mois. Les autres victimes ont subi des blessures plus légères. Certaines ont signé des accords d’indemnisation avec la SNCF.
Ce procès, jugé comme « extrêmement mal traité par la justice » par l’un des avocats, doit se poursuivre jusqu’au 9 octobre. La Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs sera également présente pour faire valoir ses droits.
Les questions soulevées
Les défenseurs dénoncent la lenteur de la procédure, mais insistent sur la nécessité de faire toute la lumière sur les causes de l’accident. L’avocat de la SNCF souhaite que la responsabilité des dysfonctionnements soit clairement établie, malgré le long délai écoulé.
Les victimes, dont 35 ont été légèrement blessées, sont encore marquées par cet incident. Cependant, pour certaines, il s’agit d’un épisode qui aurait dû faire l’objet d’un traitement judiciaire plus rapide et plus précis.



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