Agen : nouvelle affaire de soumission chimique et violences sexuelles
Une nouvelle affaire de soumission chimique à Agen
À Agen, dans le Lot-et-Garonne, une affaire de soumission chimique refait surface. Elle rappelle l’affaire des viols de Mazan, qui avait marqué la justice il y a quelques années. Un homme originaire du Villeneuvois est soupçonné d’avoir drogué deux proches pour leur imposer des violences sexuelles. Ces actes auraient été filmés, et des vidéos retrouvées sur son matériel informatique alimentent l’enquête.
Le 23 septembre 2026, cet homme, né en 1976, a été présenté au juge d’instruction à Agen. Il a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur un mineur, ainsi que pour viols sur sa conjointe. Les faits, qui auraient commencé en 2016, concernent sa compagne et sa belle-fille, alors âgée de 14 ans. Il a été placé en détention provisoire à la demande du parquet, tout en bénéficiant de la présomption d’innocence.
Les détails de l’enquête d’Agen
Interpellé en début de semaine, l’homme a été placé en garde à vue. L’analyse de ses téléphones et ordinateurs a révélé des images à caractère sexuel impliquant une femme adulte et une adolescente de son entourage. Ces vidéos suggèrent qu’elles auraient été droguées avant les actes présumés.
Selon la plainte déposée par la mère de la victime, ces violences auraient été commises dans un contexte de soumission chimique au sein du foyer familial. Ce mode opératoire rappelle fortement l’affaire des viols de Mazan, où un mari droguait sa femme avant de filmer et archiver ses agressions sexuelles.
Rappel sur l’affaire Pelicot et son impact sur la justice
Les faits de Mazan se sont étendus de 2011 à 2020 dans le Vaucluse. Dominique Pelicot y droguait son épouse, Gisèle Pelicot, à son insu, puis la livrait à des hommes dans leur chambre. Le dossier, baptisé « ABUS », rassemble plus de 20 000 photos et vidéos, ainsi que 92 viols documentés.
Le procès, qui s’est tenu à Avignon jusqu’en décembre 2024, a abouti à la condamnation de 51 accusés. Dominique Pelicot a été condamné à 20 ans de réclusion. La délégation aux droits des femmes du Sénat a souligné que « le procès des ‘viol de Mazan’ est avant tout le symbole du courage de Gisèle Pelicot ». La loi n°1238, adoptée par la suite, s’inspire de cette affaire pour créer de nouvelles infractions, notamment le viol en réunion et le viol en série.
Soumission chimique : chiffres, définitions et soutien aux victimes
Les autorités constatent une hausse importante des cas de soumission chimique. Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament, citée par le Sénat, il s’agit de l’administration de substances psychoactives à l’insu de la victime ou sous la menace, à des fins criminelles ou délictuelles.
En 2022, l’enquête nationale a recensé 883 cas possibles ou vraisemblables, contre 436 en 2021. Près des deux tiers de ces cas concernent des agressions sexuelles, et plus de 80 % des victimes sont des femmes, souvent jeunes ou mineures. Les médicaments sédatifs sont principalement retrouvés, tandis que le GHB et les drogues illicites ne représentent qu’une part mineure des substances utilisées.
Un rapport du Sénat indique que les analyses pour détecter ces substances peuvent coûter jusqu’à 1 000 euros. Une expérimentation de trois ans a été lancée pour rembourser ces tests sans qu’une plainte soit nécessaire au préalable. Des associations, comme « M’endors pas : stop à la soumission chimique », se mobilisent pour soutenir les victimes qui peuvent appeler le 3919 ou le 116 006. Pour l’affaire d’Agen, l’instruction est toujours en cours.



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