Rachida Dati face à la justice : 4 heures d’interrogatoire choc

Lors de son troisième jour de procès, Rachida Dati a été interrogée pendant plus de quatre heures sur les accusations de « corruption passive » et de « trafic d’influence passif » dans l’affaire Renault-Nissan. La séance a commencé ce lundi 21 septembre en début d’après-midi.

Face au tribunal, l’ex-ministre est restée droite et concentrée. Elle a répondu aux questions de la présidente, notamment sur son installation et son rôle au Parlement européen. La magistrate a examiné en détail le règlement du Parlement, en insistant sur les articles concernant les conflits d’intérêts.

« Je n’ai jamais été en situation de conflit d’intérêts »

Rachida Dati a nié toute erreur dans ses déclarations. Elle n’a pas mentionné qu’elle percevait 25 000 euros par mois de la filiale de Renault-Nissan, mais affirme n’avoir jamais violé les règles. Elle s’est défendue en affirmant : « Je n’ai jamais été en situation de conflit d’intérêts. Tous mes actes se sont toujours conformés aux engagements politiques de mon groupe ».

Interrogée sur l’absence de mention du nom de Renault-Nissan, elle a invoqué le secret professionnel. « Pour les avocats, vous ne pouvez pas déclarer les noms des clients. Vous êtes soumis au secret professionnel », a-t-elle expliqué.

Les activités pour Renault au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Après plusieurs heures d’interrogatoire, Rachida Dati a tenté de prouver qu’elle a agi pour Renault, principalement au Moyen-Orient et au Maghreb. Elle a notamment évoqué son rôle dans l’implantation d’une usine à Tanger, au Maroc, avec un investissement d’1,1 milliard d’euros. Elle a précisé avoir été seule représentante de Renault lors de cette opération, et que ses réunions se tenaient à l’ambassade du Maroc à Paris. Elle a reconnu ne pas avoir assisté à l’inauguration de l’usine.

Concernant d’autres pays comme l’Iran, la Turquie ou l’Algérie, elle a affirmé avoir joué un rôle clé. Elle a notamment identifié les acteurs importants pour maintenir les investissements de Renault en Iran, alors que les usines du groupe avaient été fermées dans ce pays. Elle a aussi indiqué qu’en Algérie, les relations avec Renault s’étaient brisées, avec des rumeurs d’accord avec Volkswagen.

La justice n’a pas retenu de traces concrètes de ses activités dans ces régions, qu’elle a justifiées par la sensibilité des sujets traités. Le tribunal a semblé la croire presque sur parole.

Les réactions après l’ouverture de l’instruction

À la fin de son interrogatoire, Rachida Dati a exprimé son incompréhension face à l’ouverture de l’enquête. Lors d’une dernière question, elle a expliqué qu’elle pensait que l’affaire concernait uniquement le Maghreb, et non l’Europe. Elle a également souligné qu’elle avait travaillé avec d’autres clients en même temps, ce qui, selon elle, prouve qu’elle n’a pas été corrompue.

« L’incompréhension a été quand l’information judiciaire a été ouverte. L’incompréhension, pour moi, a été quand j’ai été renvoyée devant le tribunal »

Elle a aussi évoqué le rôle de Carlos Ghosn. Selon elle, il aurait transformé la gestion de Renault en se concentrant sur des résultats et des inaugurations de sites avec des chefs d’État, sans avoir besoin de ses interventions au Parlement.

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