Procureure menacée de mort après l’affaire Lyhanna : un transfert choquant
Une procureure menacée de mort et transférée après l’affaire Lyhanna
Le lundi 31 août, l’AFP a révélé que la procureure de la République à Auch, Clémence Meyer, envisageait de quitter son poste. Elle avait notamment demandé à rejoindre le parquet général de Bordeaux. Ce départ, qui n’a jamais été officiellement annoncé, intervient dans le contexte de l’affaire Lyhanna. Rappelons que cette collégienne de 11 ans avait été retrouvée morte le 4 juin dernier dans le Gers.
La gestion de la plainte contre Jérôme Barella, principal suspect dans cette affaire, a été fortement critiquée. Malgré plusieurs signalements pour violences sexuelles sur mineurs, il n’a pas été interpellé ni convoqué. Récemment, une nouvelle plainte a été déposée dans ce cadre. Face aux nombreuses critiques sur le traitement de cette affaire, Clémence Meyer a reçu des menaces de mort, ce qui l’a conduite à être placée sous protection policière.
Transfert de la procureure d’Auch à Bordeaux
Le jeudi 10 septembre, selon nos confrères de Sud Ouest, Clémence Meyer a pris ses fonctions au service criminel de la cour d’appel de Bordeaux, en tant que substitute générale. Elle a été nommée en novembre 2023 à la tête du parquet d’Auch, sa première grande responsabilité en tant que chef de parquet.
La médiatisation de l’affaire Lyhanna a mis en lumière la procureure et le système judiciaire. Après les menaces dont elle a été victime, le milieu judiciaire a exprimé son soutien à Clémence Meyer. Certains ont même dénoncé une attaque personnelle, insistant sur le fait qu’elle ne devait pas devenir un « bouc émissaire ». Aucun lien officiel n’a été établi entre cette affaire et son départ de la justice.
Une autre magistrate également retirée du parquet d’Auch
En juin dernier, dans le même contexte, une autre magistrate du parquet d’Auch a été écartée. La cause exacte de la mort de Lyhanna ayant été clarifiée, le ministère de la Justice a annoncé le retrait de cette magistrate de ses fonctions. Elle ne peut plus mener d’enquêtes ou traiter des dossiers liés aux mineurs. La décision fait suite à des dysfonctionnements dans la gestion de l’affaire Jérôme Barella.
Le Syndicat de la magistrature (SM) a évoqué une influence politique sur ces décisions. Selon eux, « si c’était une décision politique, ce serait scandaleux ». Justine Probst, secrétaire nationale du syndicat, a souligné que l’affaire Lyhanna révèle surtout un problème systémique et un manque de moyens, qui relèvent en premier lieu de la responsabilité politique. Elle a également critiqué le fait que les procureurs ne soient pas totalement indépendants du ministère de la Justice, qui détient les pleins pouvoirs sur leur nomination.



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