Réouverture de l’enquête : Willy Bardon bientôt innocenté après 24 ans

Le 9 juillet, le procureur de la République d’Amiens a ordonné de nouvelles investigations dans l’affaire du viol et du meurtre d’Élodie Kulik. Ces démarches ont été initiées à la demande des avocats de Willy Bardon, condamné à 30 ans de prison pour ces faits il y a 24 ans.

Une étape décisive pour la révision du procès

Willy Bardon, qui avait été reconnu coupable en 2019, avait toujours clamé son innocence. Ses avocats, Mes Gabriel Dumenil, Marc Bailly et Stéphane Daquo, estiment que ces nouvelles investigations constituent une étape importante pour prouver son innocence. Ils précisent que de nouvelles expertises ADN seront menées sur des éléments trouvés sur les scènes de crime, en utilisant des techniques innovantes inconnues lors de l’enquête initiale.

Experts vocaux et nouvelles analyses ADN

Parmi ces nouvelles démarches, des expertises vocales seront réalisées sur un message laissé par la victime aux pompiers. L’objectif est de confirmer si la voix masculine qui y est audible correspond ou non à celle de Willy Bardon. Selon les avocats, cela pourrait apporter des éléments nouveaux dans l’affaire.

Historique de l’affaire

Les faits remontent à janvier 2002. Élodie Kulik, une banquière de 24 ans, avait été victime d’un accident de la route alors qu’elle rentrait chez elle. Elle avait été sortie de son véhicule, violée, tuée et incendiée sur un chemin de terre dans la Somme. Avant de mourir, elle avait laissé un message vocal de 26 secondes, dans lequel on entend une voix masculine. C’est cette voix qui a été identifiée comme étant celle de Willy Bardon, ce qu’il nie toujours.

Une longue enquête et une identification complexe

Après la découverte du corps d’Élodie Kulik, une nouvelle technique d’analyse ADN a permis, dix ans plus tard, d’identifier Grégory Wiart, dont l’ADN avait été retrouvé sur la scène. Cependant, Wiart était décédé un an après le crime. Des investigations supplémentaires ont alors conduit à Willy Bardon, qui a été arrêté et condamné.

Condamnation et épuisement des recours

En 2019, Willy Bardon a été condamné à 30 ans de réclusion pour viol en réunion, enlèvement, séquestration et meurtre. Lors de la lecture du verdict, il avait tenté de se suicider en ingérant un insecticide. Sa condamnation a été confirmée en appel, puis par la Cour de cassation, et sa requête auprès de la Cour européenne des droits de l’homme a été rejetée. Il est donc considéré comme définitivement condamné.

Une demande de révision du dossier

Les avocats de Willy Bardon sollicitent désormais une révision du procès, conformément à la loi de 2014 qui prévoit cette possibilité en cas de nouveaux éléments. La justice a donc accepté de rouvrir l’enquête afin d’étudier ces nouvelles pistes.

Réactions et position des proches

Me Didier Seban, avocat du père d’Élodie Kulik, a indiqué que la famille considérait cette affaire comme « résolue et terminée ». Il souligne que, malgré l’intérêt des techniques scientifiques, ce dossier n’est plus considéré comme un « cold case » à résoudre. Depuis plusieurs mois, la famille souhaite que l’on laisse la famille en paix, après des années de combats judiciaires.

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