88 000 plaintes pour violences sexuelles contre des enfants : une explosion alarmante
Réexamen de 88 000 plaintes pour violences sexuelles contre les enfants
Les services d’enquête ont recensé environ 88 000 plaintes pour violences sexuelles commises contre des enfants. C’est ce qu’a annoncé Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, ce mardi 30 juin.
Ce chiffre est en augmentation par rapport aux 70 000 plaintes évoquées après le meurtre de Lyhanna. Selon le garde des Sceaux, « on est ainsi passé de 70 000 à 88 000 plaintes concernant les enfants ». Parmi ces dossiers, 7 452 concernent des crimes dont l’auteur présumé est identifié. Ce réexamen doit permettre de faire le point sur ces procédures lors d’une réunion prévue le 14 juillet.
Gérald Darmanin a précisé que ce travail de réexamen intervient dans un contexte où la prise de conscience sur la gravité des violences faites aux femmes a été très forte. Cependant, il admet que cela n’a pas encore été totalement le cas pour la protection des enfants.
Une confiance fragile entre la justice et la société
Le ministre a évoqué une perte de confiance des magistrats, notamment selon leur principal syndicat, l’USM. Gérald Darmanin rappelle que des désaccords entre le gouvernement et les syndicats de magistrats ne sont pas nouveaux. Il déplore aussi que la confiance entre la justice et les citoyens diminue de plus en plus.
Il reconnaît que son ministère souffre d’un manque de moyens « structurel », mais souligne également des erreurs individuelles. Par exemple, l’inspection a mis en lumière des dysfonctionnements dans le suivi du meurtrier présumé de Lyhanna, qui n’a jamais été auditionné ni même convoqué alors qu’il était visé par plusieurs plaintes pour viols sur mineurs.
En décidant de retirer l’habilitation d’une magistrate du parquet d’Auch, sans attendre le rapport d’enquête administrative prévu pour la fin de l’été, Gérald Darmanin affirme avoir simplement « fait son travail de chef d’administration ». Il ajoute que les magistrats sont « très touchés par les critiques, parfois justes, parfois injustes ».
Il regrette que la question de la responsabilité ou de la sanction en cas de faute professionnelle ne soit pas toujours abordée dans la profession.
Le projet de loi sur la justice criminelle en débat
Le ministre doit également défendre à partir de mardi à l’Assemblée nationale son projet de loi sur la justice criminelle, rejeté en commission. Ce texte vise notamment à désengorger les tribunaux et prévoit le développement des cours criminelles départementales. Ces tribunaux sont principalement chargés de juger des affaires de viols. Selon Gérald Darmanin, soixante de ces instances seront créées en France.



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