Meurtre de son mari : le procès choc de Delphine Pinto
Le procès d’une femme accusée d’avoir orchestré le meurtre de son mari
Le tribunal de l’Oise a ouvert ce vendredi 29 mai le procès de Delphine Pinto, 48 ans, accusée d’avoir organisé le meurtre de son mari, Jean-Christophe Piel, en 2021. Son mari, un kinésithérapeute de 41 ans, a été tué en plein divorce, avec l’aide de trois complices, dont un amant de Mme Pinto.
Les faits du drame
Le 24 août 2021, Jean-Christophe Piel a été abattu d’une balle dans la tête alors qu’il travaillait dans son jardin à Breuil-le-Vert, une petite commune de l’Oise. Il a été retrouvé grièvement blessé après l’appel d’une voisine, puis est décédé à l’hôpital le lendemain.
Un contexte de divorce et de soupçons
Delphine Pinto était en instance de divorce avec M. Piel. Lorsqu’il est mort, elle était séparée de lui depuis plusieurs années. Un amant de Mme Pinto, ainsi que deux amis de ce dernier, sont également poursuivis. L’un d’eux pourrait avoir été missionné pour tirer sur la victime.
Une partie de ces personnes aurait confié à un jeune homme, le fils adulte de Mme Pinto, des informations sur le projet, notamment l’achat de couteaux et de corde, ainsi qu’une demande d’arme. La justice soupçonne que ces éléments ont été utilisés pour préparer le crime.
Les antécédents judiciaires de M. Piel
Une semaine avant sa mort, M. Piel avait bénéficié d’un non-lieu dans une affaire de violences sur sa femme, dont ils étaient séparés, et d’accusations d’agressions sexuelles incestueuses sur une de leurs filles. Ces poursuites, lancées en 2019, avaient été abandonnées, car les enquêteurs n’avaient pas trouvé de charges suffisantes.
Une relation marquée par la manipulation
Selon l’enquête, la relation entre M. Piel et Mme Pinto était caractérisée par une grande asymétrie. La femme est décrite comme manipulatrice et mythomane, tandis que lui était considéré comme soumis et sous son emprise.
Malgré son désir de vengeance, Mme Pinto a nié toute volonté de tuer ou d’organiser le meurtre de son mari. Les autres complices ont aussi gardé le silence ou ont nié les accusations lors de leur audition.
Des propos inquiétants et des achats suspects
Des proches de la famille ont témoigné avoir entendu Mme Pinto évoquer la possibilité de tuer son ex-mari pour récupérer de l’argent. Une des filles adoptées par M. Piel a confirmé que sa mère avait acheté des couteaux et de la corde, et lui avait demandé de lui fournir une arme, avant le drame.
Lors d’une audition, Mme Pinto a reconnu ces achats, expliquant qu’ils visaient uniquement à protéger ses enfants.
Une femme déjà condamnée auparavant
Son avocat, Me Arnaud Ledru, a exprimé l’espoir d’un acquittement, critiquant le déroulement de l’enquête, qu’il juge biaisée. Mme Pinto avait déjà été condamnée à deux ans de prison en 2011 et 2012 pour escroquerie et usurpation d’identité, notamment en se faisant passer pour une avocate.
Les attentes de la famille et le contexte du procès
Les proches de M. Piel, qui pourraient témoigner lors du procès, souhaitent que justice soit faite. Leur avocate, Me Murielle Bellier, décrit cette affaire comme un récit digne d’un « film ou d’un livre », avec un scénario peu crédible. La procédure doit s’achever le 12 juin.



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