Jean Messiha accusé d’avoir volé 42 000 € d’une cagnotte en soutien aux familles d’agents tués

Jean Messiha, membre du parti Reconquête, est accusé d’avoir empoché plus de 42 000 euros issus d’une cagnotte en ligne. Cette collecte avait été lancée en 2024 pour soutenir les familles de deux agents pénitentiaires tués lors de l’évasion de Mohamed Amra à Incarville (Eure).

Les faits et la controverse

Le 14 mai 2024, deux agents, Fabrice Moello et Arnaud Garcia, ont été tués lors de cette évasion. Pour leur rendre hommage, Jean Messiha avait lancé une cagnotte sur la plateforme GoFundMe, en appelant à la solidarité des Français. Il avait alors assuré que l’argent serait entièrement reversé aux familles des victimes.

Or, aujourd’hui, une plainte a été déposée par la veuve de Fabrice Moello, qui affirme n’avoir jamais reçu l’argent collecté. Selon elle, Jean Messiha aurait encaissé la somme sans leur verser.

Une plainte pour abus de confiance

Le 21 mai dernier, l’avocat de la veuve a déposé une plainte à Paris, accusant Jean Messiha d’abus de confiance. La somme totale de la cagnotte s’élève à 45 541 euros. Après déduction des frais de la plateforme, environ 42 000 euros auraient été transférés sur le compte de l’ancien candidat.

Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur cette affaire. Les autorités cherchent à déterminer si Jean Messiha a profité indûment de la confiance des donateurs.

Réaction de GoFundMe

La plateforme GoFundMe a confirmé qu’elle examinait cette affaire. Selon elle, Jean Messiha disposait déjà d’un compte vérifié, enregistré lors de précédentes cagnottes, et s’était lui-même désigné comme bénéficiaire du fonds destiné aux familles des agents. En conséquence, tous les fonds ont été transférés sur son compte bancaire.

GoFundMe rappelle que c’est à l’organisateur de la cagnotte de s’assurer que l’argent sera bien remis aux bénéficiaires prévus.

Engagement de Jean Messiha

De son côté, Jean Messiha a exprimé sa surprise et sa tristesse suite à la plainte. Sur X (ex-Twitter), il a affirmé que la plateforme avait fait une erreur interne en transférant les fonds sur son compte, alors qu’il n’avait jamais été le bénéficiaire. Il a promis de rembourser les 42 000 euros d’ici la fin de la semaine.

Lors d’un passage à BFMTV, il a dénoncé la responsabilité de GoFundMe, évoquant un manquement à leur devoir de vérification. Il a également affirmé que la cagnotte ne lui était pas destinée et que la plateforme aurait versé l’argent sans identifier précisément les bénéficiaires, profitant ainsi de la commission.

Il précise aussi avoir déjà lancé d’autres cagnottes sur cette plateforme, notamment pour financer ses frais de justice liés à une procédure judiciaire, et qu’il pensait que les fonds de la cagnotte pour Incarville provenaient de sa cagnotte personnelle.

Une affaire en cours

Jean Messiha a déclaré qu’il n’avait été informé que récemment que l’argent lui avait été viré de manière indue. Il s’engage à faire rembourser la somme rapidement et a porté plainte contre GoFundMe, dénonçant les conséquences négatives de cette situation sur sa réputation.

Son avocat, Me Matthieu Chirez, affirme que l’affaire est désormais entre les mains du procureur. Il indique qu’une enquête préliminaire a été ouverte et que Jean Messiha risque des poursuites pour infraction pénale. L’avocat souligne également une incohérence dans la défense de son client, qui se plaint de la plateforme tout en ayant lui-même renseigné ses coordonnées bancaires.

Enfin, il rappelle que, malgré la restitution possible de l’argent, l’affaire ne concerne pas seulement une question financière, mais aussi une question de principe, car l’image des victimes a été utilisée et instrumentalisée.

Précédents et autres controverses

Ce n’est pas la première fois que Jean Messiha est mis en cause pour une cagnotte en ligne. En 2023, il avait lancé une collecte de fonds en soutien à un policier mis en examen pour la mort de Nahel. La famille de la victime avait déposé plainte pour escroquerie, dénonçant des manœuvres frauduleuses. La plainte a été classée sans suite en juin 2024.

Il aurait également créé une cagnotte pour un magasin Geox, en soutien à un gérant qui refusait d’embaucher une femme voilée. La somme récoltée s’élevait à 60 000 euros, mais selon l’intéressé, ces fonds n’auraient jamais été réclamés.

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