Jacqueline Jacob exige l’annulation de sa mise en examen dans l’affaire Grégory
Jacqueline Jacob, âgée de 81 ans, va demander ce mercredi 27 mai à la cour d’appel de Dijon l’annulation de sa mise en examen. L’audience, qui se tiendra à huis clos, sera une procédure sans sa présence.
Elle a été mise en examen le 24 octobre dernier dans le cadre de l’enquête sur la mort du petit Grégory Villemin, un garçon de 4 ans retrouvé mort dans la Vologne (Vosges) le 16 octobre 1984.
Dans cette affaire complexe, Jacqueline Jacob, la grand-tante de Grégory, est suspectée d’avoir été l’un des corbeaux, voire le principal, qui aurait harcelé la famille Villemin avant la mort de l’enfant. Le juge Dominique Brault, chargé de l’instruction, s’appuie sur plusieurs expertises et éléments de preuve.
Une expertise en stylométrie a notamment conclu que Jacqueline Jacob était l’autrice d’une lettre de revendication de l’assassinat. D’autres témoignages, dont celui de son ex-beau-frère, ainsi qu’une analyse détaillée de son emploi du temps à l’époque des faits, viennent renforcer cette piste.
Les enquêteurs estiment qu’une organisation aurait ciblé Grégory dans le but de nuire à ses parents, Christine et Jean-Marie Villemin. Plus de quarante ans après, ils pensent que cette équipe aurait orchestré l’enlèvement de l’enfant.
Pourquoi Jacqueline Jacob conteste-t-elle sa mise en examen ?
Jacqueline Jacob nie depuis le début les accusations. Elle affirme n’avoir jamais téléphoné aux parents pour les harceler ni écrit de lettres de menaces. Elle conteste aussi l’analyse en stylométrie, estimant qu’il y a erreur.
Ce mercredi, ses avocats vont demander à la cour d’appel d’annuler sa mise en examen en invoquant plusieurs irrégularités lors de son interrogatoire de première comparution. Selon eux, leur cliente n’aurait pas bénéficié d’un temps suffisant pour se défendre.
Cette requête a peu de chances d’aboutir, le parquet général de la cour d’appel de Lyon devant requérir le rejet. En revanche, ses avocats soutiennent aussi que les faits pour lesquels elle a été mise en examen sont aujourd’hui prescrits.
Lors de sa mise en examen, le procureur général de Dijon, Philippe Astruc, avait évoqué une question juridique sur la prescription. Selon nos informations, le parquet sera également favorable à l’annulation pour ce motif.
Une question de prescription ou de crime connexe ?
Deux approches s’opposent concernant la nature des faits. Pour les avocats de Jacqueline Jacob, l’association de malfaiteurs en 1984 était un délit, et celui-ci serait aujourd’hui prescrit. Dans ce cas, elle ne pourrait pas être poursuivie, et un non-lieu serait prononcé.
Pour le juge Dominique Brault, il s’agirait plutôt d’un délit « connexe » au crime d’assassinat. Selon lui, la prescription applicable serait celle du crime, qui serait toujours en cours. Elle pourrait alors être jugée pour cette association de malfaiteurs.
Le délibéré de la cour d’appel est attendu dans les semaines à venir. La décision portera sur le maintien ou non de la mise en examen de Jacqueline Jacob. En cas de rejet, ses avocats envisageront de saisir la Cour de cassation pour faire annuler la procédure.
Par ailleurs, l’enquête se poursuit. Le juge Brault continue d’interroger des témoins et attend des résultats d’analyses ADN, notamment sur le timbre de la lettre de revendication, dont l’identité n’a jamais été déterminée jusqu’à présent.



Laisser un commentaire