Sept ans d’enfer : le combat bouleversant de Laëtitia avant son procès

La longue épreuve de Laëtitia : sept années d’emprise, de violences et de tortures

Laëtitia, 42 ans, a vécu un véritable enfer durant sept ans. Sous l’emprise de son compagnon, elle a subi des violences physiques, psychologiques et sexuelles répétées. Elle a également été contrainte de se prostituer avec de nombreux hommes. Son histoire doit être jugée à partir du 18 mai 2026, lors du procès de Guillaume B. à Digne-les-Bains.

Le 17 juin 2022, Laëtitia s’est rendue dans un commissariat des Alpes-de-Haute-Provence pour porter plainte. Elle y a dénoncé sept années de violences, allant jusqu’à la torture et la menace de mort. Elle raconte avoir été victime de violences quotidiennes, mais aussi d’actes de torture et de barbarie, ainsi que de prostitution forcée.

Un procès sous haute tension

Guillaume B. est poursuivi pour proxénétisme aggravé, viols aggravés, actes de torture et barbarie. Il risque la prison à perpétuité. Selon une expertise psychiatrique, il présenterait un profil de pervers narcissique, avec un détachement affectif, un manque de remords, et une tendance à considérer l’autre comme un objet sexuel. L’expert souligne également sa dangerosité.

Lors du procès, un huis clos aurait pu être demandé, mais Laëtitia a préféré ne pas le faire. Elle souhaite que son témoignage puisse encourager d’autres victimes à se manifester. Dans un épisode du podcast « Affaire suivante », son avocat, Maître Philippe-Henry Honegger, revient sur cette affaire bouleversante.

Des preuves numériques essentielles pour l’enquête

Laëtitia a conservé des échanges de SMS, des photos et des vidéos qui relatent son quotidien, souvent insoutenable. Ces documents, rassemblés le jour de sa plainte, ont été déterminants pour l’enquête. Ils ont permis de corroborer ses témoignages et d’éclaircir certains aspects difficiles à évoquer, souvent dissimulés par la pudeur ou la peur.

Le mode opératoire de l’agresseur

Les expertises révèlent que Guillaume B. structurait sa vie autour d’une perversion, prenant plaisir à faire souffrir. Dès le début de leur relation, il a élaboré un plan visant à contrôler Laëtitia mentalement et physiquement. Il gérait chaque aspect de sa vie : quand elle sortait, ce qu’elle mangeait, avec qui elle parlait, et même ses toilettes.

Il l’a enfermée dans une prison psychologique, lui imposant la prostitution sous prétexte de régler des dettes, mais en réalité, pour continuer à la manipuler et la soumettre. La violence, les menaces de mort, y compris envers ses enfants, rythmaient leur quotidien. Laëtitia s’est retrouvée à céder sous la contrainte et la peur, plutôt qu’à faire un choix volontaire.

Les séquelles physiques et psychologiques

Le diagnostic psychiatrique a confirmé un syndrome post-traumatique, avec un stress chronique et une déformation de sa perception du monde. Physiquement, elle porte encore des séquelles graves, avec des infirmités permanentes. Psychologiquement, elle lutte chaque jour pour vivre avec les traumatismes d’une vie détruite par la violence.

Son parcours actuel et son combat

Malgré ces blessures, Laëtitia se considère comme une survivante. Elle est déterminée à aller jusqu’au bout de la justice. Son objectif est que son témoignage fasse reconnaître sa victimisation et que Guillaume B. soit condamné. Elle souhaite également que le procès soit public, pour changer la perception de la honte et de la peur, et encourager d’autres victimes à parler.

Elle veut montrer à cet homme qu’il n’a pas gagné, qu’elle parlera jusqu’au bout, malgré tout. Son courage est remarquable et inspire d’autres femmes à dénoncer leurs violences.

Une inspiration venue de l’affaire Gisèle Pelicot

Laëtitia a déposé plainte avant que l’affaire Pelicot ne devienne médiatisée, mais son engagement pour la transparence est aussi une réponse au mouvement général de libération de la parole des victimes. Elle insiste sur le fait que la question n’est pas de savoir si elle aurait pu partir, mais de comprendre comment un homme a pu mettre en place un système si efficace pour la retenir.

Ce que Laëtitia attend du procès

Elle espère pouvoir s’exprimer librement, être entendue par un jury, et obtenir une condamnation. Elle ne compte pas sur une reconnaissance de la part de l’accusé, mais souhaite que la justice fasse son travail. Pour elle, l’essentiel est que la vérité soit dite, et que la société comprenne la nature de cette emprise.

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