Nicolas Sarkozy change de version : sa mémoire évolue dans le procès libyen

Un changement dans la mémoire de Nicolas Sarkozy

Lors de son cinquième jour de témoignage dans le cadre du procès en appel concernant le financement libyen de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a fait une déclaration surprenante. Il a indiqué que « sa mémoire a évolué » en ce qui concerne certains événements évoqués par son ancien bras droit, Claude Guéant.

Confrontation avec Claude Guéant

Le président Sarkozy a été amené à contredire des écrits de Claude Guéant, qui avaient mis en difficulté sa défense. Cependant, il a évité de mettre en doute la bonne foi de son ancien collaborateur. Ce dernier avait laissé des écrits affirmant qu’un dîner à Tripoli, en 2007, aurait permis à Mouammar Kadhafi de répéter à Sarkozy une préoccupation concernant Abdallah Senoussi. Selon Guéant, cette scène aurait eu lieu le lendemain de la libération des infirmières bulgares, lors d’un dîner privé.

Une version contestée par Sarkozy

De son côté, Nicolas Sarkozy a affirmé que cette scène n’avait jamais eu lieu. Il a expliqué que la seule fois où Mouammar Kadhafi aurait parlé d’Abdallah Senoussi, c’était en 2005, lors d’une visite en tant que ministre de l’Intérieur. Il a également insisté sur le fait qu’il avait opposé une fin de non-recevoir à cette demande.

Une mémoire qui change

Le président Sarkozy a précisé que, même si cette scène avait existé, elle n’avait que peu d’importance. Il a aussi reconnu que la mémoire pouvait évoluer : « Sa mémoire a évolué », a-t-il dit. Il a donné l’exemple d’une erreur qu’il a commise lui-même, concernant ses déplacements en Libye entre 2008 et 2010. Il pensait ne pas avoir été informé, mais a admis que ces voyages avaient bien eu lieu, en précisant qu’ils étaient officiels et que leur importance n’était pas grande à l’époque.

Sur la banque de Claude Guéant

Le président Sarkozy a également été interrogé sur un coffre appartenant à Guéant, dans une banque parisienne. Il a rejeté l’idée qu’il aurait pu y stocker de l’argent liquide provenant des fonds du ministère de l’Intérieur, insistant sur le fait qu’il n’y croyait pas et rappelant que « Claude Guéant a le droit à la présomption d’innocence ».

Les enjeux du procès

Ce procès revêt une importance capitale pour Nicolas Sarkozy. La décision, attendue en novembre, pourrait affecter son héritage, sa réputation et sa liberté. Il a déjà passé 20 jours en détention provisoire. Lors de l’audience, il a aussi exprimé sa tristesse de ne pas pouvoir être présent aujourd’hui, en évoquant la souffrance de Claude Guéant, dont la santé est fragile.

Une relation compliquée

Le camp de Guéant, représenté par l’avocat Philippe Bouchez El Ghozi, a également été plus conciliant dans ses déclarations. Avant l’audience, il avait évoqué que les accusations avaient fortement affecté la santé de son client. Sarkozy a conclu en disant qu’il était touché par cette situation et espère que les débats se termineront rapidement, avant les plaidoiries des parties civiles.

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