Yannick Alléno porte plainte contre Cream Deluxe pour pratiques déloyales

Une association dirigée par le chef étoilé Yannick Alléno a décidé d’engager une procédure judiciaire contre la marque Cream Deluxe. Elle l’accuse de pratiques commerciales déloyales liées à la vente de bonbonnes de protoxyde d’azote colorées.

Dans une assignation déposée à Paris, l’association souhaite faire cesser les activités de Cream Deluxe en France, sous peine d’une amende. Elle demande également au tribunal de condamner l’entreprise à verser 25 000 euros pour ses frais de justice.

Une action en justice contre des pratiques trompeuses

Yannick Alléno a expliqué à l’AFP que cette action vise à lutter contre les producteurs de protoxyde d’azote qui utilisent des stratégies de communication trompeuses auprès des jeunes. L’association accuse notamment des entreprises chinoises et polonaises de se cacher derrière ces bonbonnes.

Selon elle, ces bonbonnes, souvent aromatisées avec des noms comme « Strawberry Kiwi Ice », « Tequila Apple » ou « Lady Killer », sont vendues en grande quantité via le site de Cream Deluxe. Les visuels sont colorés et évoquent l’univers de la fête et des vacances.

Une commercialisation à des fins détournées

Les bonbonnes sont fabriquées par la société chinoise Zhuzhou Xingye Chemical. La marque est gérée par une entreprise polonaise, IVM Firma Handlowa, qui distribue ces produits en ligne, notamment sur des sites comme eBay.

Cream Deluxe affirme que ces bonbonnes, pesant jusqu’à 2 kilogrammes, sont destinées à la création de boissons et cocktails. Cependant, le chef étoilé Yannick Alléno déclare ne jamais en avoir vu utilisé dans la cuisine, soulignant leur usage détourné.

Un enjeu de santé publique

Depuis 2021, la vente de contenants de protoxyde d’azote de plus de 8,6 grammes est interdite aux particuliers. Pourtant, Cream Deluxe invite toujours les grossistes à se fournir sur son site, évoquant un secteur en croissance et offrant de nombreuses opportunités.

Pour l’avocat Benoît Javaux, cette situation est cynique. Il dénonce un réseau opaque où les consommateurs se procurent ces produits dans des bars à chicha, des épiceries ou via les réseaux sociaux. La procédure judiciaire pourrait prendre jusqu’à deux ans, ce qui soulève des inquiétudes quant à son efficacité.

Le protoxyde d’azote pose de graves risques pour la santé. Yannick Alléno souligne que de jeunes perdent en mobilité, que des brûlures et des accidents se produisent. Il demande que le gouvernement inscrive cette substance sur la liste des substances psychoactives, afin de la faire entrer dans le cadre d’un délit d’homicide routier.

En 2025, plus de 450 accidents graves liés au protoxyde d’azote ont été recensés, soit quarante fois plus qu’il y a six ans. Le gouvernement a également présenté un projet de loi, « Ripost », qui prévoit notamment d’interdire l’inhalation de ce gaz, passible de peines de prison et d’amendes.

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