Grenades assourdissantes suspendues : colère et polémique enflamment la police

Suspension de l’usage des grenades assourdissantes : une mesure contestée

Le mercredi 7 octobre, le ministre de l’Intérieur, Sébastien Lecornu, a annoncé la suspension de l’utilisation des grenades assourdissantes lors des interventions policières en marge des mobilisations lycéennes. Cette décision fait suite à un incident dramatique survenu à Lens, où un jeune de 15 ans a perdu la main dans des circonstances encore floues.

Cette annonce intervient alors que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de 18 enquêtes concernant des interventions policières lors de ces manifestations. Cependant, Laurent Nunez, le secrétaire d’État à la Justice, a précisé qu’il n’envisageait pas d’abandonner complètement l’usage d’autres armes de force intermédiaire, comme les lanceurs de balles de défense (LBD) ou les pistolets à impulsion électrique (PIE).

La Ligue des droits de l’Homme a salué la décision de suspendre les grenades assourdissantes, tout en estimant qu’elle reste insuffisante. Sa présidente, Nathalie Tehio, a déclaré qu’il fallait aller plus loin. Elle a notamment demandé l’interdiction de toutes les grenades offensives et de celles destinées au désencerclement, car ces armes peuvent causer des mutilations à tout le monde, pas seulement aux lycéens.

Réactions dans les rangs policiers

Du côté de la police, la réaction est plus critique. Alliance police a ironisé en demandant si la suspension ne signifiait pas la mise en place de « boucliers en mousse » pour les forces de l’ordre. Stanislas Gaudon, délégué national, a dénoncé un mauvais signal. Selon lui, ces armes intermédiaires sont essentielles pour faire face aux troubles à l’ordre public et aux attaques contre les policiers.

Il a souligné que la police n’était pas dans un « monde des Bisounours » et que les récentes violences nécessitent des moyens efficaces. Il a également rappelé que ces armes jouent un rôle crucial dans la gestion des situations difficiles.

Lors d’un débat avec des députés, Laurent Nunez a toutefois insisté sur la nécessité de ces équipements pour faire face à ce qu’il qualifie de violences urbaines. La controverse sur leur utilisation reste donc vive, entre la volonté de limiter l’usage de certaines armes et la nécessité de garantir la sécurité publique.

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