Cédric Jubillar trahit-il ses propres mots dans une incroyable révélation

Un décalage de deux heures dans le récit de Cédric Jubillar

Depuis plus de cinq ans, l’affaire Delphine Jubillar a été alimentée par des expertises, des témoignages et des indices minutieusement analysés. Depuis les aveux de Cédric Jubillar en juillet dernier, puis la découverte et l’identification des ossements de son épouse, les enquêteurs cherchent à confronter son récit à l’ensemble des éléments recueillis depuis 2020.

Parmi ces éléments, un témoignage longtemps considéré comme crucial. Selon La Dépêche, deux voisines de la famille Jubillar ont affirmé avoir entendu, la nuit de la disparition, des hurlements de femme accompagnés d’aboiements provenant de la maison du couple. Ces « cris dans la nuit » ont été un repère temporel important lors de l’instruction, pouvant situer une scène de violence dans la soirée du 15 décembre 2020.

Une contradiction avec la nouvelle version de Cédric Jubillar

Dans ses aveux, Cédric Jubillar a expliqué s’être réveillé « vers 1 heure ou 1 h 30 », puis avoir retrouvé Delphine dans le salon. D’après lui, une dispute aurait éclaté, et il l’aurait étranglée en lui disant « Tais-toi » avant de transporter son corps dans le coffre de sa voiture.

Cependant, cette version ne correspond pas aux témoignages des voisines. Celles-ci situent les cris beaucoup plus tôt dans la soirée, vers 23 heures, en se basant notamment sur une pause publicitaire du film Retour vers le futur 2, diffusé ce soir-là sur TF1. Les horaires retenus lors de l’enquête varient entre 22 h 50 et 23 h 07, soit environ deux heures avant la scène décrite par Cédric Jubillar.

Des tests acoustiques confirment l’audibilité des cris

Les témoignages importants ont conduit les enquêteurs à réaliser plusieurs reconstitutions. En décembre 2022, une gendarme a reproduit des cris de femme à l’extérieur de la maison des Jubillar, pendant que des experts en acoustique mesuraient leur propagation. Les essais ont montré que ces hurlements étaient « parfaitement audibles » depuis le perron, où se trouvait la voisine qui les avait entendus.

Puis, quelques semaines plus tard, de nouveaux tests ont été effectués pour comprendre pourquoi d’autres habitants du quartier n’avaient pas réagi. Les résultats ont indiqué que, si les cris étaient nettement perceptibles à l’extérieur, ils devenaient beaucoup plus difficiles à entendre depuis l’intérieur des maisons, avec les volets fermés et les fenêtres à double vitrage. Cette conclusion renforçait la crédibilité des témoignages des voisines. Désormais, les enquêteurs doivent déterminer si ces cris correspondent à la scène décrite par Cédric Jubillar ou s’ils évoquent un autre moment de cette nuit cruciale. Ce point pourrait encore influencer la suite de la procédure.

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