Affaire Grégory : la veuve de Laroche accuse, 42 ans après un meurtre injustifié
Affaire Grégory : la veuve de Bernard Laroche, Marie-Ange, affirme que son mari a été tué pour rien
Quarante-deux ans après la mort du petit Grégory Villemin, retrouvé dans la Vologne le 16 octobre 1984, l’affaire reste d’actualité. Ce mercredi 15 juillet, la cour d’appel de Dijon doit se prononcer sur la validité de la mise en examen de Jacqueline Jacob, la grande-tante de Grégory, qui a aujourd’hui 81 ans. Ses avocats soutiennent que les faits sont prescrits, une position également adoptée par le parquet général.
Cependant, cette décision ne met pas fin à l’enquête. Selon Le Parisien, le supplément d’informations mené par le président de la chambre de l’instruction, Dominique Brault, se poursuit. En mars dernier, plusieurs témoins clés, dont Murielle Bolle et Marie-Ange Laroche, ont été de nouveau auditionnés pour faire la lumière sur certains points encore sensibles de cette affaire hors norme.
Murielle Bolle maintient sa version des faits
Parmi ces témoins, Murielle Bolle, dont le nom est lié à l’affaire depuis 1984, a été réentendue. À l’époque, elle avait 15 ans et accusé d’abord son beau-frère Bernard Laroche d’avoir enlevé Grégory. Elle s’était rétractée quelques jours plus tard. Depuis, elle affirme que ses premiers aveux lui auraient été dictés sous la pression des enquêteurs.
Lors de l’audition, elle a répété sa version initiale. Elle a indiqué : “J’ai pris le bus scolaire ce jour-là.” concernant le 16 octobre 1984. Lorsqu’on lui a demandé sur son changement de version, elle a expliqué : “C’est pas moi, c’est les gendarmes. Ils m’ont dit que si je disais pas la même chose au juge Lambert, j’irais en maison de correction.”
Les magistrats ont aussi relevé plusieurs différences entre ses auditions passées et son livre Briser le silence, publié en 2018. Toutefois, aucune nouvelle mise en examen n’est à ce stade envisagée.
Marie-Ange Laroche, la veuve de Bernard Laroche, reste mobilisée
Entendue à son tour, Marie-Ange Laroche, la veuve de Bernard Laroche, a de nouveau pris la défense de son mari, tué en mars 1985 par Jean-Marie Villemin, le père de Grégory. Plus de quarante ans après les faits, elle reste convaincue que son époux a été accusé à tort. Très émue, elle a déclaré : “Je sais qu’il a été tué pour rien. Il a été traité comme un chien, mais on ne nous a pas demandé ce qu’on a vécu avec mes gosses. Donc oui, ça fait mal !”
Face aux témoignages suggérant que Murielle Bolle aurait initialement dit la vérité avant de se rétracter, Marie-Ange Laroche est restée ferme : “Je n’y crois pas. De toute façon, tout a été monté pour Bernard.”
Elle a également évoqué avoir agrippé sa sœur lorsqu’elle a appris qu’elle l’avait mise en cause. Elle a nié l’avoir frappée, précisant : “Peut-être que oui, peut-être non pour la gifle. Je ne l’ai pas tapée.”
Alors que la cour d’appel doit rendre sa décision, les investigations continuent avec de nouvelles expertises ADN et en écriture. Les parents de Grégory espèrent toujours que la vérité finira par émerger.



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