Crise après l’incendie : Une pétition contre la réouverture des bars Moretti

Pétition contre la réouverture des établissements liés au couple Moretti

Six mois après l’incendie qui a coûté la vie à 41 personnes et blessé 115 autres au bar Le Constellation, à Crans-Montana, les familles des victimes poursuivent leur combat. Depuis le 12 juin, une pétition circule en ligne sous le titre « Pas de retour aux affaires tant que la justice n’a pas répondu ». Son objectif est de s’opposer à la réouverture de deux établissements appartenant à Jacques et Jessica Moretti.

Au moment de sa diffusion, cette pétition avait déjà recueilli près de 27 000 signatures. Les signataires demandent que toute réouverture ou exploitation d’établissements directement liés aux personnes mises en cause soit suspendue jusqu’à ce que la justice ait rendu une décision définitive. La demande intervient alors que l’enquête judiciaire sur les causes du drame est toujours en cours.

Une enquête judiciaire toujours en cours

Jacques et Jessica Moretti sont toujours sous contrôle judiciaire. Selon BFMTV, ils vivent en Suisse avec leurs deux enfants, mais ne peuvent pas quitter le territoire. Ils ont versé une caution de 200 000 francs suisses et doivent se présenter régulièrement aux autorités. L’enquête progresse : début juin, le couple a été entendu une nouvelle fois par les enquêteurs.

Lors de cet entretien, Jessica Moretti a indiqué qu’une facture concernant une mousse isolante, présente dans le dossier, ne correspondait pas au bon document. Cette erreur a conduit à l’ouverture d’une enquête distincte pour « faux dans les titres ». Par ailleurs, un ancien SMS envoyé à ses employés en 2019 est également examiné. Le message évoque la dangerosité de certains matériaux, laissant penser que le couple aurait une connaissance des risques liés à l’incendie. La défense affirme que ce message prouve plutôt une volonté de prévention.

Les familles refusent un retour à la normale

La pétition vise principalement deux établissements : Le Vieux Chalet, à Lens, et Le Senso, à Crans-Montana. Selon BFMTV, leur réouverture serait envisagée sous forme de gestion par un tiers, tandis que Jacques et Jessica Moretti en resteraient propriétaires. Ce mode de fonctionnement suscite la colère des proches des victimes.

Les signataires dénoncent cette perspective : « Apprendre que des établissements liés aux personnes mises en cause pourraient reprendre leurs activités comme si rien ne s’était passé est insupportable pour les victimes, leurs familles et de nombreux citoyens. » Ils ajoutent : « On ne rouvre pas les portes au public quand la justice n’a pas encore clôturé le dossier. On ne reprend pas le cours des affaires quand des familles attendent encore de comprendre comment leurs proches sont morts. »

Actuellement, ces établissements sont sous séquestre dans le cadre de l’enquête. Selon l’avocat de plusieurs familles, Me Didier Elsig, « théoriquement rien n’empêche » une reprise d’activité, même si les autorisations administratives ne sont pas encore en place.

Laisser un commentaire